Le président de l’Assemblée nationale s’est rendu dans plusieurs foyers religieux pour revenir sur sa pratique et sa communication concernant les crédits spéciaux, également appelés fonds politiques.
Dans une tribune, Dr Abdourahmane Diouf estime que le discours tenu aux guides religieux ne correspond pas au contenu de la proposition examinée par l’Assemblée nationale. Il dénonce un double discours et un double standard dans la gestion et la présentation de ces crédits (lactuacho).
Des destinations limitées dans la proposition parlementaire
La question des fonds politiques concerne le social et le religieux dans la mesure où l’article 2 de la proposition parlementaire réserve ces crédits au financement de la défense nationale, de la sécurité intérieure et extérieure de l’État ainsi qu’aux activités de renseignement.
Selon l’analyse présentée, le terme « exclusivement » enferme le dispositif dans ces trois domaines et ne prévoit aucune ouverture explicite vers les dépenses sociales, religieuses, humanitaires ou liées à la solidarité.
La version amendée par l’Exécutif supprime cette limitation. Elle ajoute notamment la préservation de l’ordre social, les valeurs africaines de solidarité et d’entraide, la cohésion sociale, ainsi que les situations d’urgence humanitaire et de détresse sociale.
Un périmètre également élargi à l’article 4
L’article 4 de la proposition de l’Assemblée nationale rattache les dépenses éligibles à des enjeux de sécurité publique, de sûreté et de défense nationale, aux opérations sensibles, à la protection des sources ou des personnes, ainsi qu’aux actions diplomatiques ou de renseignement.
L’amendement de l’Exécutif y ajoute la protection de l’ordre public, la préservation de l’ordre social et des intérêts fondamentaux de la Nation, mais aussi les valeurs humanitaires, l’entraide, la solidarité et la discrétion.
Dr Abdourahmane Diouf considère ainsi que la proposition parlementaire réduit les crédits spéciaux à une gestion technique centrée sur la défense et la sécurité, tandis que les amendements de l’Exécutif leur donnent une portée sociale et humaine.
L’exclusion inscrite à l’article 5
La proposition de l’Assemblée nationale prévoit en outre que les dépenses à caractère social, politique et celles liées au fonctionnement courant des institutions ne relèvent pas des fonds politiques.
Dans cette rédaction, les crédits spéciaux couvrent donc les dépenses mentionnées à l’article 2, à savoir la défense nationale, la sécurité et le renseignement.
