La tension est montée d’un cran ce dimanche à Karachi, la capitale économique du Pakistan. Une manifestation organisée en réaction aux récents événements survenus en Iran a dégénéré en affrontements sanglants, aboutissant à l’intrusion de la foule dans une emprise diplomatique hautement sécurisée.
La cible de cette colère populaire n’était autre que le consulat des États-Unis. Des centaines de personnes ont marché vers la représentation américaine située dans le district sud de la ville pour dénoncer l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, survenu lors d’une attaque conjointe menée par Washington et Tel-Aviv. L’agence Anadolu, qui a documenté la situation, rapporte que des dizaines d’individus ont réussi à forcer le passage pour pénétrer dans l’enceinte du bâtiment, brisant les vitres de l’espace d’accueil, comme en témoignent plusieurs vidéos diffusées sur les plateformes sociales.
Face à cette avancée, les forces de l’ordre pakistanaises ont tenté de disperser la foule en faisant usage de gaz lacrymogènes et en procédant à des tirs en l’air. La situation a rapidement basculé, laissant un lourd bilan humain. Summaiya Syed, médecin légiste de la police locale, a confirmé la réception de six corps présentant des blessures par balle à l’hôpital civil de Karachi.
Ce bilan provisoire pourrait s’avérer plus élevé. Selon nos informations, Faisal Edhi, responsable de la Fondation Edhi – un important service d’ambulances et d’assistance sociale du pays – fait état de huit personnes tuées et d’une trentaine de blessés. Au moment où ces premières données ont été communiquées, les heurts entre les manifestants et les forces de sécurité se poursuivaient encore dans les rues de la métropole pakistanaise.