C’est un vent de liberté administrative qui souffle sur l’Afrique. Après le Togo qui a supprimé les visas le 18 mai 2026 pour des séjours jusqu’à 30 jours, le Tchad et la République du Congo viennent d’annoncer la même mesure pour tous les Africains d’ici janvier 2027. Cette décision, officialisée lors du Forum africain de l’eau pour le Tchad, donne un coup d’accélérateur à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif est de permettre la libre circulation des personnes, condition indispensable à l’essor des échanges.
Ces trois pays, selon 24heureinfo, rejoignent le Rwanda, le Bénin et le Kenya, déjà pionniers de l’ouverture des frontières. L’enjeu est économique : faciliter les voyages des commerçants, des PME et des investisseurs pour doper le commerce intra-africain. Les experts soulignent que la suppression des visas est cruciale pour que les baisses de droits de douane prévues par la ZLECAf produisent un impact réel. Le tourisme local et le brassage des talents devraient également en bénéficier. En décembre 2025 à Dakar, l’ancienne ministre sénégalaise Ngoné Ndoye, lors d’un panel du Réseau migration développement, avait déjà insisté sur le rôle crucial de la mobilité des personnes pour concrétiser la ZLECAf et créer des emplois.
Mais l’ouverture des frontières pose un défi sécuritaire majeur : comment assurer le contrôle des flux face aux menaces asymétriques au Sahel et en Afrique centrale ? Le Tchad a officialisé sa décision pendant le Forum africain de l’eau à N’Djamena. De son côté, le Congo a fixé l’échéance de janvier 2027, tandis que le Togo exige des visiteurs une déclaration de voyage en ligne au moins 24 heures avant l’arrivée, pour des séjours ne dépassant pas 30 jours. Cette dynamique estivale relance le rêve d’une Afrique intégrée, inscrit dans l’Agenda 2063.
