Après deux ans de gel, l’audience au palais d’El Mouradia débouche sur la réactivation immédiate de trois leviers de coopération

C’est une séquence diplomatique qui marque une rupture nette avec le climat glacial des derniers mois. Présent à Alger ce mardi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a acté la fin d’une période de paralysie institutionnelle entre les deux rives de la Méditerranée.

L’audience accordée par le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, au ministre français ne s’est pas limitée aux protocoles d’usage. Elle a servi de cadre à la validation politique d’un travail technique mené en amont par les services des deux pays. Au sortir de cet entretien au palais d’El Mouradia, Laurent Nuñez a confirmé un changement de paradigme immédiat, mettant un terme à près de deux années de tensions qui avaient gelé les canaux habituels de communication.

p>Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette visite de deux jours a permis de définir un nouveau cadre opérationnel. L’objectif affiché par Paris et Alger est de tourner la page des crispations pour revenir à une gestion pragmatique des dossiers communs.

Un dispositif relancé sur trois axes précis

Le cœur de cette reprise des relations ne concerne pas uniquement la diplomatie classique, mais touche directement au fonctionnement des appareils d’État. Laurent Nuñez a détaillé la mise en place d’un « dispositif sécuritaire de haut niveau » qui réactive la collaboration dans trois domaines qui étaient pratiquement à l’arrêt : la coopération judiciaire, les échanges policiers et le renseignement.

Au-delà de ces aspects sécuritaires, un point sensible pour l’administration française a été explicitement intégré à l’accord : la question des réadmissions. Le ministre français a précisé que le président Tebboune avait donné des instructions claires à ses services pour travailler à une amélioration significative sur ce volet, souvent lié à l’exécution des Obligations de quitter le territoire français (OQTF). « Tout ceci va se mettre en place dans les plus brefs délais », a assuré l’officiel français, évoquant une volonté commune de densifier ces échanges.

La fin d’un cycle de tensions multiples

Ce redémarrage de la coopération intervient après une dégradation continue des rapports bilatéraux, amorcée à l’été 2024. Le point de bascule avait été la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une position qui avait provoqué l’ire d’Alger.

Depuis cette date, les incidents s’étaient multipliés, alimentant la méfiance de part et d’autre. L’enlèvement d’un opposant algérien en France, l’arrestation puis la grâce de l’écrivain Boualem Sansal, ou encore les procédures judiciaires visant un agent consulaire algérien avaient fini par gripper la machine diplomatique. Le déplacement de Laurent Nuñez, premier du genre pour un ministre de l’Intérieur depuis celui de Gérald Darmanin fin 2022, matérialise donc les « signaux positifs » récemment évoqués par les chancelleries.

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