Dossier du Sahara : La condition restrictive acceptée par l’Algérie et le Polisario dans la nouvelle feuille de route américaine

L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, a réuni dimanche 8 février les acteurs clés du dossier du Sahara à Madrid. En présence des émissaires onusiens et américains, le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario ont dû se positionner face à une nouvelle feuille de route diplomatique dont les termes redéfinissent le cadre des négociations.

La volonté de Washington d’accélérer le règlement de ce litige territorial s’est matérialisée par une rencontre à huis clos à l’ambassade des États-Unis dans la capitale espagnole. Selon Agence Afrique, cette réunion pilotée par Massad Boulos, conseiller spécial du président américain pour les affaires africaines et arabes, et Mike Waltz, chef de la mission américaine à l’ONU, s’est déroulée en présence de Staffan de Mistura, l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies.

L’élément central de ces discussions réside dans l’approbation, par l’ensemble des parties prenantes, d’un « Document technique » présenté par la délégation américaine. Ce texte entérine un changement de paradigme majeur : il stipule que l’initiative marocaine d’autonomie, dans sa version actualisée de 40 pages, constitue désormais le « seul document sur la table » pour les discussions à venir. Cette formulation exclut formellement toute proposition alternative, écartant de facto l’option du référendum d’autodétermination historiquement soutenue par Alger et le Polisario.

Au-delà de cette reconnaissance diplomatique, les délégations ont convenu de la mise en place immédiate d’un « Comité technique permanent ». Composé d’experts juridiques des trois pays concernés (Maroc, Algérie, Mauritanie), cet organe travaillera sous la double supervision des États-Unis et de l’ONU. Sa mission consistera à définir les modalités pratiques de mise en œuvre de l’autonomie, en se penchant spécifiquement sur les questions de fiscalité, de système judiciaire et de sécurité locale.

Cette séquence diplomatique s’inscrit dans la continuité de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 31 octobre 2025, qui qualifiait déjà l’initiative marocaine de base « sérieuse et crédible ». La dynamique actuelle, soutenue par la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, a conduit l’administration Trump à fixer une nouvelle échéance : les parties sont conviées à Washington en mai prochain pour la signature d’un « accord-cadre » politique.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire