Appels au meurtre, haine ethnique : 25 comptes signalés au procureur

Le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP), l’initiative Naw-Le et le collectif Stop à la xénophobie, ont saisi mercredi le procureur de la République pour dénoncer la multiplication des discours xénophobes sur les réseaux sociaux. Dans leur plainte, les organisations documentent 25 comptes accusés de diffuser des messages de haine, des appels au meurtre et à l’épuration ethnique. Ils demandent à la justice d’identifier les auteurs et de démanteler les réseaux à l’origine de ces publications.

La lutte contre les discours xénophobes prend une nouvelle tournure au Sénégal. Face à ce qu’ils considèrent comme une recrudescence des appels à la haine sur les réseaux sociaux, l’initiative Naawle, le FRAPP et le collectif Stop à la xénophobie ont décidé de saisir la justice.

Souleymane Guèye, délégué général du FRAPP, explique que cette démarche répond à la nécessité de préserver la cohésion nationale et les valeurs de la Téranga sénégalaise.

« Ces dernières années, et plus particulièrement cette dernière période, on a vu la recrudescence d’un discours d’intolérance, de xénophobie et d’appel à la haine », déplore-t-il.

Selon lui, plusieurs comptes sur Facebook, X et TikTok diffusent des messages hostiles à certaines communautés, allant jusqu’à des appels au meurtre et au génocide.

Une plainte documentant 25 comptes

Pour étayer leur démarche, les organisations affirment avoir constitué des dossiers documentant les publications incriminées, précisément 25 comptes avaient été identifiés et documentés.

D’après les plaignants, ces comptes ne jouent pas tous le même rôle : certains créeraient les contenus haineux, tandis que d’autres se chargeraient de les relayer et de les amplifier.

Les organisations affirment avoir rassemblé, pour chacun des 25 comptes ciblés, des éléments relatifs aux publications concernées et des informations permettant d’identifier leurs propriétaires.

Les messages dénoncés comprennent notamment des injures publiques visant des communautés, des appels au meurtre, des incitations à l’épuration ethnique et des propos appelant à la stérilisation des femmes appartenant à certains groupes.

Les plaignants souhaitent désormais que le parquet examine ces éléments et engage les investigations nécessaires pour établir les responsabilités individuelles.

« Il faut des actes »

Souleymane Guèye affirme que les initiateurs de la plainte ont attendu plusieurs mois une réaction des autorités et entrepris des démarches auprès du ministère de l’Intérieur.

Estimant que les discours de haine ont atteint un niveau préoccupant, il appelle à une réponse judiciaire concrète.

« Les maux sont tellement gros que les mots ne suffisent plus. Il faut des actes », insiste-t-il.

Le délégué général du FRAPP estime que la justice doit agir pour empêcher la banalisation de ces discours et éviter qu’ils ne prennent des proportions plus difficiles à maîtriser.

Il appelle également les Sénégalais à signaler les comptes qui propagent des messages xénophobes et à apporter les éléments nécessaires aux autorités compétentes.

Au-delà des 25 comptes, démanteler tout un réseau

Pour les organisations plaignantes, les 25 comptes identifiés ne constitueraient qu’une partie d’un ensemble plus vaste. Elles demandent donc au procureur de ne pas limiter les investigations aux personnes mentionnées dans la plainte.

« Nous avons mis en évidence les têtes de pont de ce réseau-là sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, le procureur doit aller en profondeur pour démanteler tout ce réseau d’appel à la haine », soutient-il.

Les plaignants souhaitent que les personnes concernées soient entendues par la justice et que les investigations permettent de remonter aux autres acteurs susceptibles de participer à la diffusion de ces contenus.

Leur objectif affiché est de faire cesser ces discours avant qu’ils ne menacent davantage la coexistence pacifique entre les communautés.

Le cas de Keylor écarté du débat

Interrogé sur la position du FRAPP concernant l’incarcération du Toktoker Keylor et son procès, Souleymane Guèye a tenu à distinguer cette affaire de la démarche engagée contre les discours xénophobes.

« On n’est pas là pour un procès spécifique. On parle des discours au niveau de la xénophobie. Ce dossier-là, nous ne le maîtrisons pas », a-t-il répondu.

Les organisations entendent ainsi concentrer leur intervention sur la dénonciation des discours de haine et sur la responsabilité de la justice dans la lutte contre leur propagation.

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2 commentaires

  1. Quand les soit disant intellectuels appellent à des complots contre SONKO et le procureur ne dit rien, c’est le laisser FAIRE. Nous sommes prêt à mourir pour SONKO.

  2. Ce que ndofféne Diouf est a condamné.cest pour celá il faut jamais defendre le mal. Sonko avait dit que macky Sall doit etre décapité comme samuel Doe au Liberia, et tous les enciens presidents du senegal fusillés. Pourtant aucun procureur na reagi.

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