Alors que la guerre frappe son pays, la capitaine iranienne tranche sur l’offre d’asile de l’Australie

L’équipe nationale féminine de football d’Iran s’est retrouvée au cœur d’un tourbillon diplomatique et sécuritaire lors de sa participation à la Coupe d’Asie en Australie. Entre un acte de défiance très médiatisé et l’éclatement d’un conflit meurtrier sur leur sol natal, les joueuses se sont vu proposer une porte de sortie par les autorités australiennes. Une proposition qui connaît aujourd’hui un dénouement inattendu.

La capitaine de la sélection, Zahra Ghanbari, a officiellement retiré sa demande d’asile en Australie. Selon les médias d’État iraniens, notamment l’agence IRNA, la joueuse doit quitter la Malaisie pour regagner l’Iran dans les prochaines heures. Elle devient ainsi le cinquième membre de la délégation à revenir sur sa décision, après avoir initialement entamé des démarches pour s’installer sur le sol australien.

Cette situation découle des événements survenus lors du premier match de l’équipe dans le tournoi. Les joueuses avaient refusé de chanter l’hymne national, un geste largement perçu comme une opposition au gouvernement iranien. Qualifiées de « traîtresses » par un présentateur de la télévision d’État (IRIB), elles avaient suscité de vives inquiétudes quant à leur sécurité en cas de retour. Face à ces craintes, le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, avait annoncé que son pays offrait l’asile à l’ensemble des joueuses et du personnel d’encadrement.

Le choix de retourner en Iran intervient dans un climat d’extrême tension. Depuis le 28 février, le pays fait face à une offensive militaire d’envergure menée par les États-Unis et Israël. D’après les données rapportées par la chaîne Al Jazeera, ces attaques ont déjà coûté la vie au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi qu’à plusieurs dirigeants. Le bilan humain s’élève à environ 1 444 morts, dont plus de 170 personnes tuées dans une école primaire de la ville de Minab.

Malgré ce contexte de guerre, une partie du groupe a progressivement fait marche arrière. Trois joueuses et un membre du personnel avaient déjà abandonné leurs démarches pour se rendre en Malaisie. Une autre footballeuse, Mohadese Zolfigol, a également changé d’avis sur les conseils de ses coéquipières, selon les précisions fournies par Tony Burke devant le Parlement australien.

Dans un premier temps, chaque membre de l’équipe avait été reçu individuellement par la police fédérale australienne dans un lieu sécurisé pour signer les documents d’immigration. Le syndicat des joueurs FIFPRO a précisé que ces entretiens s’étaient déroulés sans aucune précipitation, les joueuses ayant été pleinement informées de leurs droits. À ce jour, seules deux joueuses iraniennes se trouvent encore en Australie, où les autorités leur ont garanti l’asile et la possibilité de s’établir en toute sécurité.

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