Un ancien Directeur des Domaines raconte un échange remontant à 2001 autour d’un terrain « couvert par un bail régulier de l’État » mais occupé par un tiers qui y avait construit une maison. Dans un texte signé Allé Badou Sine SINE, ce souvenir est mis en regard d’une vidéo récente montrant une famille expulsée de son habitation.
L’auteur situe d’abord le point de départ dans l’actualité immédiate. Il évoque, depuis « hier soir », des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrant une famille « jetée hors de sa maison », avec des réactions nombreuses et indignées.
Il remonte ensuite à 2001, lorsqu’il était Directeur des Domaines. Il dit avoir reçu dans son bureau un homme présenté comme Yakham Leye, venu demander l’attribution d’une parcelle de substitution après l’occupation de son terrain par un tiers.
D’après le récit repris par Xalima, Yakham Leye disposait pourtant d’un titre régulier sur le site concerné. Interrogé sur l’absence de procédure judiciaire pour faire condamner l’occupant irrégulier et obtenir la démolition des constructions, il aurait répondu qu’il ne voulait pas être à l’origine « d’un drame ou d’une rancune contre sa personne ».
Le texte rapporte aussi les mots prêtés à Yakham Leye : « Cette terre ne nous appartient pas. Nous y sommes tous de simples locataires. » Il y explique préférer une autre parcelle plutôt que d’habiter « sur les ruines d’un autre homme », tout en précisant qu’il était alors « magistrat et procureur ».
Dans la dernière partie, Allé Badou Sine SINE revient au cas contemporain sans identifier l’homme montré dans la vidéo. Il écrit ne pas connaître « toute la vérité de son dossier », tout en opposant, dans son propos, l’exercice du droit de propriété à la prise en compte des conséquences humaines d’une décision exécutée.
Le récit se termine par une précision sur la suite donnée à l’affaire de 2001. L’auteur affirme n’avoir « jamais oublié Yakham Leye » et dit lui avoir attribué une parcelle à Dakar, dans le lotissement de la Zone de Captage.