Alioune Tine estime que les inondations à Dakar ont des causes structurelles et que leur traitement saisonnier ne répond pas au problème. Il avertit que la capitale pourrait être menacée d’effondrement si cette approche se poursuit, alors que l’urbanisation rapide et les aléas climatiques aggravent le risque.
Les conséquences sont visibles dans plusieurs quartiers. Après les pluies du 4 octobre 2026, qui ont atteint 72 mm à Mbao, des secteurs de Sangalkam, Yeumbeul Sud, Mbao, Keur Massar et Yoff ont été inondés. L’eau a envahi des rues et des habitations, perturbé la circulation et fait déborder des bassins de rétention. À Yoff, le centre de santé Philippe Maguilen Senghor est régulièrement touché et doit parfois interrompre certains services.
Le fondateur d’Afrikajom Center met en cause des politiques publiques qui, selon lui, ont négligé les règles environnementales. Il cite notamment les constructions sur des zones impropres à l’habitat, des espaces non constructibles et la zone de captage. Ces vulnérabilités rendent les interventions d’urgence nécessaires, mais elles ne remplacent pas des solutions durables.
Les pouvoirs publics ont engagé des actions de terrain : le ministre Cheikh Tidiane Dièye a inspecté des bassins à Keur Massar et suivi les travaux de drainage du cimetière de Thiaroye-sur-Mer, régulièrement submergé. L’Onas a aussi doublé les capacités de pompage pour limiter les inondations. Mais la récurrence des dégâts pose la question de la coordination entre l’État, les communes, les universités et les services techniques, ainsi que des moyens dont disposent les collectivités pour transformer les connaissances disponibles en actions pérennes.
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Dans sa prise de position publiée par Senegal7, Alioune Tine pointe également la concentration de la population et du pouvoir dans la capitale, ainsi que l’absence de politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Il appelle à corriger cette situation.
Il plaide pour un débat national sur le renforcement d’un État capable d’inscrire son action dans la durée. À ses yeux, la politisation de l’État et la primauté des intérêts partisans et personnels limitent cette capacité de projection.
Alioune Tine est le fondateur du think tank Afrikajom Center.


