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95% des ouvrages de drainage du réseau routier de Dakar nécessitent une intervention urgente ou prioritaire

Le réseau routier de Dakar se dégrade à vue d’œil, et les pluies transforment les artères en torrents. La cause principale ne tient pas à la qualité du bitume, mais à un système de drainage devenu quasiment inopérant. C’est ce que montre l’étude menée par le groupement Technosol Ingénierie-Aci, qui a passé au crible l’ensemble des ouvrages hydrauliques de la région.

Entre octobre et novembre 2025, juste après l’hivernage, les experts ont inspecté 95 points stratégiques : canaux, stations de pompage et zones inondables. Le diagnostic, présenté par le chef de mission Abdourahmane Mbengue, est sans appel. « Dans leur état actuel, les ouvrages de drainage du réseau routier de Dakar ne permettent pas d’assurer une évacuation correcte, continue et sécurisée des eaux pluviales », a-t-il déclaré.

Un réseau à bout de souffle, des chiffres qui inquiètent

L’évaluation chiffrée, détaillée par l’hydrologue Gora Ndiaye, fait froid dans le dos : 95 % des ouvrages inspectés exigent une intervention urgente ou prioritaire. Seize d’entre eux présentent un niveau de dégradation très élevé, tandis que 74 autres sont classés en criticité « élevée ». Seuls quatre affichent un risque modéré, et un seul ne nécessite qu’un entretien courant.

Ces dysfonctionnements s’expliquent par une combinaison de facteurs : ensablement, végétation envahissante, dépôts de gravats, mais aussi des défauts de conception et un manque d’entretien chronique. À cela s’ajoute la pression d’une urbanisation galopante, notamment dans les zones des Niayes, où l’imperméabilisation des sols et les rejets d’eaux usées aggravent les risques d’inondation.

Le problème dépasse d’ailleurs la capitale. Fin 2025, dans une tribune publiée par Senego et relayée par dakarmatin, le journaliste Samba Niébé BA décrivait une situation comparable sur la Petite Côte, avec des nids-de-poule de 40 cm et des trajets de 20 km pouvant durer deux heures en saison des pluies. Preuve que la défaillance du drainage routier est un fléau national, aux conséquences directes sur la sécurité des usagers et l’économie.

« Lors d’une pluie décennale pouvant atteindre 130 mm, ce sont des milliers de mètres cubes d’eau qu’il faut évacuer rapidement. On peut drainer une route, mais où rejeter l’eau si le réseau est défaillant ? », interroge Abdourahmane Mbengue, pointant l’incapacité des infrastructures actuelles, même dans les quartiers structurés comme Dakar-Ville ou Grand-Yoff.

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