Entre diplomatie religieuse et dossiers très concrets, la visite du khalife général de la Fayda Tidjania en Algérie a pris une dimension politique avec une audience au palais présidentiel d’Alger. Le mardi 19 mai 2026, Abdelmadjid Tebboune a reçu Cheikh Mohamed El-Mahi Ibrahim Niass, dans une séquence centrée sur les liens entre l’Algérie et le Sénégal.
La rencontre a réuni, côté algérien, le ministre d’État Brahim Merad, le khalife général de la Tidjania en Algérie, Cheikh Sidi Ali Belarabi, et Mohamed Hassouni, conseiller du président chargé des affaires religieuses. La délégation sénégalaise comprenait Mohamed El Khalifa Cheikh Ibrahim Niass, Mohamed Moustapha Niass, Mohamed Macky Niass et Abdourahmane Ndao. Cette audience a mis en avant la place des confréries religieuses comme relais culturels entre pays africains (Seneweb).
Le déplacement avait commencé plus tôt, le 15 mai 2026, avec l’arrivée de Cheikh Mouhamadou Mahy Ibrahim Niass à Alger pour une visite officielle prévue jusqu’au 23 mai. Son programme comprenait des étapes à Alger et à Aïn Madhi, haut lieu historique de la confrérie tijaniyya. Le 16 mai, le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, l’avait déjà reçu pour un échange consacré à la coopération islamique entre les deux pays.
Jeunesse, métiers et bourses d’études
La visite s’est ensuite déplacée sur le terrain de la formation professionnelle. Le jeudi 21 mai 2026, la délégation sénégalaise a été reçue par la ministre algérienne de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs présentés comme prioritaires pour le Sénégal : l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’énergie solaire et les métiers de la couture.
Les deux parties ont acté la mise en place prochaine de programmes de formation professionnelle, de bourses d’études et d’un transfert de compétences vers la jeunesse sénégalaise. Dans ce dossier, la formation professionnelle renvoie à un apprentissage orienté vers des métiers techniques et pratiques, distinct de l’enseignement universitaire classique.
Le même 21 mai, Cheikh Mohamed El-Mahi Ibrahim Niass a été honoré à la Grande Mosquée d’Alger, Djamaâ El-Djazaïr, en présence de ministres, du président du Conseil économique et social et de représentants diplomatiques de plusieurs pays, parmi lesquels la Turquie, l’Iran, la Mauritanie, le Niger et le Gabon. Le recteur de la mosquée, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, y a rappelé le rôle de la Tidjania dans la diffusion d’un islam de paix, de modération et de tolérance à travers le continent.