À l’approche de la séance plénière de mardi sur la loi de finances rectificative (LFR) 2026, déjà rejetée en commission, le Premier ministre Al Aminou Lô a répondu aux cinq exigences formulées par les députés de Pastef. Il distingue les amendements, qu’il juge légitimes, de ce qu’il considère comme une obstruction à l’examen du texte. « Ne punissez pas le peuple. Présentez vos amendements », leur a-t-il lancé, en réclamant des propositions écrites. Il a défendu les arbitrages du gouvernement entre soutien aux ménages et maintien des investissements publics.
La réponse d’Al Aminou Lô porte notamment sur les bourses de sécurité familiale. Leur enveloppe est passée de 35 à 70 milliards de francs CFA en 2026 et le gouvernement vise 140 milliards en 2027. Le dispositif compte désormais 469 497 familles bénéficiaires, contre 355 013 en 2024, après une opération de recertification. Le Premier ministre a rejeté l’idée que cette hausse soit motivée par des considérations politiques. Les allocations doivent être versées avant la fin du mois de septembre, tandis que le nombre de ménages bénéficiaires devrait évoluer d’environ 400 000 cette année à un million l’an prochain.
Pour les subventions énergétiques, il a défendu le maintien des mécanismes de soutien face aux chocs internationaux, tout en évoquant une réforme durable reposant sur un meilleur ciblage et une protection accrue des ménages les plus exposés à la hausse des prix. Xibaaru rapporte également qu’il a justifié l’utilisation de 120 milliards de francs CFA de financements d’urgence de la Banque mondiale pour soutenir le secteur énergétique et les bourses familiales.
Sur la réduction des dépenses de fonctionnement de l’État, Al Aminou Lô a cité les fournitures, consommables, conférences, séminaires et cérémonies. Selon lui, les crédits consacrés à ces postes ont été réduits de 50 à 80 % dans plusieurs services, hors secteurs sociaux. Il a aussi indiqué que la réorganisation de 19 entités publiques se poursuivrait, après évaluation des propositions et examen de la situation des agents concernés.
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Le chef du gouvernement a défendu le recours aux crédits spéciaux pour des urgences, notamment certaines évacuations sanitaires, tout en se disant ouvert à une discussion sur leur encadrement. Il a aussi réaffirmé la volonté de l’exécutif d’améliorer la lisibilité des finances publiques et de fournir des explications sur la sincérité budgétaire et la transparence de la dette.
Al Aminou Lô a renouvelé son invitation à Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, pour une rencontre avec le ministre des Finances et les autres membres du gouvernement concernés. Il souhaite que les points de désaccord soient examinés avant la plénière de mardi. « Nous ne sommes pas des ennemis. Nous ne sommes pas des adversaires. L’exécutif et le législatif doivent dialoguer », a déclaré le Premier ministre.





