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aicha ba, miss sénégal en Espagne 2014 «Sans papiers, j’ai été exploitée, insultée, humiliée, traitée de sale Négresse en Espagne»

  • La rédaction La rédaction

Avant de devenir Miss Sénégal Espagne en 2014 et embarrasser une carrière au cinéma, la Mannequin et actrice sénégalaise Aicha Ba, résidente à Barcelone, a dû en baver. Elle a raconté son histoire dans le journal (L’Observateur).

POURQUOI ELLE A QUITTE LE SENEGAL

« J’ai eu une enfance plutôt joyeuse, entourée de parents aimants. Seulement, c’est à cette période que j’ai vécu un drame, qui m’a énormément marqué. J’ai perdu mon père à l’âge de 11 ans. Il était diabétique et couvait d’autres maladies qui ont fini par l’emporter. Je n’étais encore qu’une enfant, mais je garde néanmoins des brides de souvenirs très douloureux de cette époque. Après, il fallait bien continuer à vivre, j’ai poursuivi mon cursus scolaire normal. J’ai étudié jusqu’en classe de Terminale. Malheureusement, après deux tentatives, je n’ai pas réussi à décrocher le Baccalauréat. J’étais une bonne élève avec de bonnes notes, mais cela n’a pas marché. C’est ainsi que je me suis mise dans l’idée d’émigrer en Europe. Je suis allée en France, chez ma grande sœur. J’avais un séjour d’un mois, mais j’ai décidé de rester malgré tout. J’étais donc en situation irrégulière et j’avais peur de sortir. Au bout de 6 mois, je me suis rendue compte que j’avais une vie de recluse et j’ai décidé d’aller voir du côté de l’Espagne. J’avais entendu dire qu’au bout de 3 ans, avec un contrat de travail, on pouvait avoir des papiers. C’était une aubaine pour moi et j’ai décidé de tenter ma chance. »
« J’AVAIS DU MAL A ASSURER MA SURVIE… »

« Non, je connaissais juste un ami avec qui je correspondais sur Facebook. Je lui ai demandé si je pouvais rester quelque temps chez lui, il a accepté. Il m’a recueillie dans son appartement qu’il partageait avec sa copine espagnole, en contrepartie d’un petit loyer. La cohabitation n’a pas toujours été facile, nous n’avions pas le même tempérament. Au début, c’était assez difficile et j’ai beaucoup souffert. J’ai vécu des situations très laborieuses, j’avais du mal à assurer ma survie. Sans papiers, j’ai été exploitée par des employeurs qui profitaient bien de ma situation. Je gardais des enfants, parfois je faisais la vaisselle dans des restaurants pendant toute la nuit. Le matin, je nettoyais les bureaux. Il m’arrivait aussi de faire le tour des plages pour tresser les Blanches comme beaucoup de Sénégalaises le font. Les Sénégalais, eux, revendaient des sacs de contrefaçon toujours sur les plages. Une fois, j’ai été menacée et humiliée par les Forces de l’ordre. Ils nous interdisaient d’ennuyer les touristes sur la plage, mais nous n’avions pas le choix. Nous étions là, avec nos photos à importuner les Blanches pour leur montrer les modèles de tresses, histoire de les convaincre. Quelquefois, c’étaient elles-mêmes qui nous insultaient et nous envoyaient balader, en nous traitant de sales Négresses. Je rentrais alors bredouille, après une journée passée à chercher des clientes, sans rien à me mettre sous la dent. Le lendemain, je retournais tenter ma chance, je n’avais pas le choix. C’était mieux que de me vendre, de voler ou de tendre la main. Bon nombre de Sénégalais sont dans cette situation à l’étranger, ils galèrent et triment sang et eau pour s’en sortir. J’en ai côtoyé pas mal, parce que nous vivions pratiquement tous dans le même quartier. J’ai même habité avec certains en colocation. Nous louions une grande maison et chacun avait sa chambre et nous nous cotisions pour préparer à manger. A un moment donné de ma vie, j’en ai eu par-dessus la tête et j’ai voulu retourner en France. Un ami français à moi est venu en vacances en Espagne, en voiture et lorsqu’il rentrait, je lui ai demandé de m’emmener avec lui. Arrivée à la frontière entre l’Espagne et la France, nous avons été contrôlés. On m’a demandé ma carte de résidence et puisque je n’avais que mon passeport, j’ai été retenue à la frontière pendant 24 heures, dans un poste de police. Je n’ai pas été enfermée, mais le fait de rester seule, sans soutien, m’a complètement abattue. Mon ami était obligé de s’en aller et de me laisser à mon propre sort. Ce n’est que le lendemain que j’ai pu regagner Barcelone. J’en profite pour lancer un appel à nos mamans qui ont des filles qui vivent dans des situations semblables. Qu’elles ne poussent pas leurs enfants à faire des conneries pour les contenter. Comment peut-on demander à sa fille qui se bat pour survivre dans des conditions difficiles de vous envoyer de l’argent ? Certaines, pour ne pas frustrer leurs mères, versent dans du n’importe quoi. »

« JE DEFILAIS SANS ETRE PAYEE »

« Au bout de deux ans, lorsque j’ai réalisé que j’étais tout près d’avoir des papiers réguliers. Je continuais à enchaîner de petits boulots, même si je n’étais pas bien payée, l’essentiel pour moi était d’avoir des contrats. Le mannequinat était ma passion de toujours. Depuis ma tendre enfance, je m’y suis lancée. Malheureusement là non plus, ce n’était pas évident. Je participais aux castings, mais on ne me prenait jamais à cause de ma couleur de peau. Les Espagnols n’ont pas l’habitude de travailler avec les mannequins noirs. Malgré tout, j’ai persévéré. J’ai fini par supplier les stylistes de me laisser défiler, même si je ne suis pas payée, ils ont accepté. Par la suite, après plusieurs défilés, ils se sont, eux-mêmes, rendus compte de mon potentiel et m’appelaient à chaque occasion. Ils m’ont donné la chance de montrer mon talent. Après 3 ans, j’ai pu régulariser ma situation et gagner un petit cachet. Au fil du temps, ça a augmenté et j’ai intégré une agence. En même temps, j’ai suivi une formation en Comptabilité et Gestion financière et j’ai eu mon BTS. J’ai également appris l’Anglais. Maintenant, je peux circuler librement et les employeurs ne peuvent plus me berner. Je négocie farouchement mes contrats. D’ailleurs, je me suis professionnalisée en prenant des cours de mannequinat dans une très grande école, pendant 1 an (…)

Effectivement ! Je défile pas mal et je n’ai jamais pensé que je pourrais travailler, un jour, avec de grandes marques de l’industrie de la mode. »
COMMENT ELLE EST DEVENUE MISS SENEGAL ESPAGNE

« J’en entendais parler comme tout le monde et j’ai tenté ma chance, persuadée par une amie que j’avais mes chances. Sans conviction, j’y suis allée et j’ai gagné. Du coup, je vais représenter les Sénégalaises d’Espagne aux prochaines élections Miss Sénégal »
Source : L’Observateur (Sénégal)

 

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Un commentaire

  • medina
    30/08/2014 20:18

    aicha ba nite kou bakh daye wakh deugue lycé maurice dela foce nga diangué nga déf bac une foi amoulo sama grand frére matar ndiaye yoboula khadim rassoul dieupeul dila fayal chaque moi en espagne tu a un grand frére qui fait tout pour toi ngaye invanté aye histoir ndakh beugue siw loukofi diar lingaye wakh thi journal yi yeup dou deugue nioune khame nanioula bou bakh mé li yeup souniou présse bou bonne bi moko waral kouniou guiss rék yeuketiko té douniou kham thi mome dara té linga déf fi biss bouniouko wakhé nga bayi senegal.

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