Abdoulaye Wade à 100 ans : un héritage démocratique relu avec ses contradictions

Abdoulaye Bamba Gningue consacre une contribution au centenaire d’Abdoulaye Wade, en défendant une lecture qui associe héritage démocratique, action d’État et controverses liées à l’exercice du pouvoir.

Le président du FPR – YOON WI présente l’ancien chef de l’État comme un opposant devenu président, dont le parcours a accompagné plusieurs étapes de la vie politique sénégalaise. Il rappelle son rôle dans l’installation du pluralisme et dans l’idée qu’une alternance par les urnes pouvait s’imposer sans rupture institutionnelle.

Pluralisme, alternance et limites du pouvoir

Dans sa lecture, Wade ne se réduit ni à un hommage militant ni à un procès politique. Abdoulaye Bamba Gningue écrit, dans une contribution publiée par Senenews, que l’alternance de 2000 a constitué une séquence majeure pour les institutions africaines, parce qu’elle a montré un changement de pouvoir par le vote. Il rattache aussi son passage au pouvoir aux infrastructures, au rayonnement extérieur du Sénégal, à l’investissement et à l’initiative économique.

La contribution mentionne également les critiques liées à sa gouvernance. L’auteur évoque le risque d’un pouvoir trop centré sur la personne du président, les frictions entre le legs démocratique et la conservation politique, ainsi que les limites observées dans les transitions démocratiques africaines. Il plaide pour une lecture qui ne transforme pas Wade en figure intouchable et qui n’efface pas non plus son apport à l’État sénégalais.

Le parcours de Wade avait déjà été associé à l’ouverture politique du pays. En 1974, la création du Parti Démocratique Sénégalais avait contribué à sortir le Sénégal du système monopartite. En 1978, Léopold Sédar Senghor l’avait surnommé Ndiombor pendant la campagne présidentielle, tout en reconnaissant le rôle du PDS dans cette séquence.

Le centenaire de Wade a aussi suscité des prises de parole politiques. Ousmane Sonko l’a qualifié de « père de la démocratie sénégalaise » et a salué sa « magnanimité », tandis que Moustapha Guirassy a livré un témoignage personnel sur une tournée présidentielle au cours de laquelle Wade l’avait invité dans sa décapotable après des accusations de séparatisme. Abdoulaye Bamba Gningue signe cette contribution comme président du Front Patriotique Républicain (FPR – YOON WI).

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