À quelques semaines de la rentrée scolaire prévue en octobre, les vendeurs du marché Sandaga ont déjà installé leurs fournitures sur les étals.
Cahiers, sacs, stylos et autres articles destinés aux élèves sont disponibles, mais les acheteurs ne se pressent pas encore dans les allées du marché. La fréquentation demeure timide, les ménages arbitrant leurs dépenses dans un contexte de pouvoir d’achat sous pression.
Au Sénégal, selon APS, 37,5 % de la population, soit 6,55 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté. La dépense moyenne de consommation s’établit à 1 487 F CFA par personne et par jour, avec de fortes disparités entre Dakar urbain, où elle atteint 2 380 F CFA, et le milieu rural, où elle descend à 1 102 F CFA. Dans ces conditions, l’achat des fournitures scolaires peut être repoussé ou fractionné.
Cette prudence intervient alors que la dette du secteur public a atteint 25 583 milliards de F CFA à fin 2024, contre 11 219 milliards en 2019, soit 128,6 % du PIB. La dette extérieure représente à elle seule 16 160,5 milliards de F CFA, soit 68,3 % du total. Pour les vendeurs de Sandaga, cette conjoncture se traduit déjà par des clients moins nombreux et des achats plus limités.
La hausse du coût de la vie pèse également sur les dépenses courantes des familles : le kilogramme de bœuf est passé de 4 000 à 5 500 F CFA et le mouton se négocie jusqu’à 7 000 F CFA dans certains points de vente. La campagne « 30 jours pour le juste prix », qui a déjà rassemblé plus de 4 000 citoyens, illustre cette demande de mesures concrètes alors que s’approche la rentrée scolaire.


