À Saint-Louis, le Cusems menace une année scolaire difficile après l’accord du 16 avril

« Ce n’est pas une menace, mais c’est la réalité » : à Saint-Louis, le Cusems hausse le ton face aux retards constatés dans l’application des engagements pris avec le gouvernement. Le syndicat avertit que l’immobilisme de l’État pourrait conduire à une année scolaire extrêmement difficile.

Réunis pour examiner les acquis obtenus, les responsables syndicaux disent constater une forte déception chez les enseignants. L’ultimatum du Cusems porte sur la concrétisation des clauses prévues dans le protocole signé le 16 avril à la Primature, après plusieurs mois de grève et de négociations.

La contestation est alimentée par les ponctions opérées sur les salaires des grévistes, qui oscillent entre 50 000 et 300 000 francs CFA. El Hadji Malick Youm, du SAEMS, dénonce des prélèvements excessifs pouvant correspondre à cinq ou sept jours de grève. Au SELS, Amidou Diédhiou dit partager le sentiment d’injustice suscité par ces retenues, alors que les syndicats réclament toujours le respect des engagements pris.

Selon les éléments rapportés par ndarinfo, l’enquête diagnostique sur le système de rémunération devait être achevée en août, avec une restitution avant la fin septembre. Les organisations représentatives affirment toutefois ne pas avoir reçu les termes de référence. Elles indiquent également ne pas connaître le cabinet retenu ni le service ministériel chargé du pilotage.

À Diourbel, l’intersyndicale du G7 des enseignants a lancé un cinquième plan d’action pour exiger le respect des accords signés en 2022. Son porte-parole, Modou Thiam, accuse les autorités de mépris, de dilatoire et de dénigrement. Les revendications portent notamment sur la correction du système de rémunération, la fin des ponctions abusives et la digitalisation des services, autant de dossiers qui recoupent les inquiétudes exprimées à Saint-Louis.

Les correcteurs des épreuves nationales attendent aussi le paiement de leurs dédommagements. Les examens sont terminés depuis la fin juillet, tandis que les enseignants décisionnaires restent confrontés à des retards dans l’obtention des numéros de projets nécessaires à leur reclassement et à leurs avancements.

Ces blocages compliquent la mise en place des guichets uniques annoncés. Aliou Diouf estime que, si le gouvernement ne change pas de posture, les syndicats d’enseignants n’auront d’autre choix que de « déterrer la hache de guerre ».

Le protocole avait été signé après près de six mois de grève et vingt heures de négociations ininterrompues. La multiplication des plans d’action et la persistance des ponctions salariales font désormais peser le risque d’un nouveau durcissement du front syndical, avec la menace d’une paralysie de l’école.

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