À Saint-Louis, une rue de Guet-Ndar Lodo a été baptisée du nom d’El Hadj Ahmadou Ndiaye Ould Ndiack. La plaque a été dévoilée dimanche, en présence de proches du savant.
Son petit-fils, Serigne Lahbib Ndiaye, a remercié le maire de Saint-Louis au nom de la famille. Il a rappelé que son grand-père avait ouvert une école coranique avant l’âge de 30 ans et insisté sur l’importance qu’il accordait au savoir, à l’éducation et à la justice.
Cette reconnaissance locale s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation des noms des rues au Sénégal. À Dakar, l’avenue Jean Jaurès a ainsi été rebaptisée Avenue Thierno Saïd Nourou Tall, en hommage au petit-fils de Cheikh Oumar Al Foutiyou Tall. La Famille Omarienne a salué ce changement comme un acte fort de « décolonisation de notre Nation ». À Saint-Louis, le choix du nom d’El Hadj Ahmadou Ndiaye Ould Ndiack inscrit lui aussi dans l’espace public la mémoire d’un homme dont l’enseignement a marqué plusieurs générations.
Né en 1875 à Saint-Louis de Ndiack Ndiaye et Fatou Seck, il était surnommé Ould Ndiack, une appellation d’origine maure. Après avoir étudié le Coran près de Diama, il a séjourné à Boghé puis passé huit ans à Ndiamère, en Mauritanie, où il a appris les sciences religieuses, l’arabe et l’arithmétique. Il a commencé à enseigner en Mauritanie en 1901, avant d’ouvrir son daara à Saint-Louis.
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Son école proposait notamment des cours de Coran, de droit islamique, de tawhid, de grammaire, de hadiths et de rhétorique. Parmi ses élèves figurent Serigne Abbas Sall, Serigne Mansour Sy, fils d’El Hadj Malick Sy, Serigne Mamoune Ndiaye, El Hadj Bachir Samb, Serigne Moustapha Mbacké et Serigne Ahmed Fall. Poète, il corrigeait les écrits de ses élèves et recevait des manuscrits venus du Sénégal et du Maroc.
Jurisconsulte et commerçant, il a écrit deux ouvrages majeurs. Le premier traite des partages successoraux et a été réédité au Maroc pour la troisième fois en 1986, sur ordre du roi Hassan II. Le second rassemble des réponses de jurisprudence, des remarques en vers sur la lecture du Coran et des conseils destinés aux associations islamiques. Ndarinfo rapporte également que ses poèmes, jamais réunis en recueil, célébraient notamment le Prophète et Cheikh Ahmadou Bamba.
Ses proches retiennent aussi sa générosité : à deux reprises, il a renoncé au pèlerinage à La Mecque pour aider des membres de sa famille dans le besoin. Il a accompli le hajj en 1929 et improvisé devant le tombeau du Prophète un poème de 32 vers.



