À Matam, les riverains redoutent les lâchers de Manantali après les inondations

Les inondations de l’an dernier ont marqué les habitants de Matam : des maisons avaient été submergées, des cultures endommagées et des voies de communication coupées. La vigilance actuelle, selon APS, fait suite à un avis diffusé le 11 octobre par la Société d’exploitation de Manantali et de Félou (SEMAF), qui prévoit des lâchers d’eau lorsque la retenue atteindra 208,05 mètres IGN, à mesure qu’elle se rapproche de son niveau maximal d’exploitation. Le gouverneur de Matam, Saïd Dia, a mis en garde les populations riveraines contre une possible hausse des eaux et appelé à la prudence les personnes dont les activités dépendent du fleuve.

À Matam, le niveau poursuit sa remontée : il a atteint 7,19 mètres le 12 octobre à 8 heures, contre 7,17 mètres la veille, soit une hausse de 2 centimètres en 24 heures. Il se situe toutefois à 81 centimètres de la cote d’alerte, et la situation est nettement moins tendue qu’à la même date l’an dernier. Les lâchers de Manantali peuvent aussi favoriser les cultures de décrue, mais les producteurs redoutent les dégâts sur les plantations installées près des berges. À Nawel, Abdoulaye Sy cultive notamment la tomate, le niébé et la patate douce. Les semis et les parcelles situées dans les zones basses seraient particulièrement exposés, selon lui.

Les pêcheurs sont également concernés par les variations du niveau du fleuve. Dans certaines zones, la présence de crocodiles et d’hippopotames constitue un risque supplémentaire. Abdoulaye Sy demande aux services de la pêche et aux Conseils locaux de pêche artisanale d’intensifier la sensibilisation à la radio et à la télévision : les messages sur WhatsApp ne touchent pas tout le monde.

À Nguidjilone, située à une quarantaine de kilomètres de Matam, une digue de contournement n’empêche pas toutes les maisons d’être inondées lors des montées des eaux, indique le notable Silèye Diop. La commune avait été durement touchée l’année dernière : des routes avaient été coupées et l’accès à des écoles rendu difficile. Dans le Dandé Mayo, la submersion de pistes avait aussi poussé des habitants à se déplacer en pirogue.

Sur la route entre Woudourou et Ndouloumadji, les débordements avaient envahi un pont et empêché le passage des gros porteurs. À Diorbovol, les eaux du fleuve alimentent aussi des mares, aggravant les difficultés lors des crues. Souleymane Thiam, habitant du village, craint que les routes terrestres vers les localités voisines soient emportées et que l’accès ne soit possible que par voie maritime.

Abdoul Tall, conducteur de véhicule de transport dit « clando », plaide pour la construction d’un autre pont sur le bras du fleuve appelé Diamel.

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