La capitale ivoirienne accueille à partir de ce samedi la 14e édition du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa). Une forte délégation sénégalaise a fait le déplacement avec un mandat précis qui tranche avec la simple représentation culturelle.
Prévue jusqu’au 18 avril au Palais de la Culture Bernard Dadié de Treicheville, cette édition se tient sous le thème « Arts du spectacle en Afrique, outil d’intégration économique et social ». La représentation sénégalaise compte 57 membres, incluant des officiels et de nombreux artistes tels que la chanteuse OMG, la danseuse Khoudia Touré, Nabachou, Bakhaw Dioum ou encore Didier Awadi. Les jeunes talents sont encadrés par des figures expérimentées comme Daniel Gomes, président de l’Association des métiers de la musique, et l’entrepreneur culturel Babylas Ndiaye.
Pour cette participation, le Sénégal innove. Le directeur des arts, Hugues Diaz, qui dirige la délégation, souligne que le pays dispose pour la toute première fois de son propre stand au Masa. Cet espace est conçu comme un cadre de convergence pour exposer les meilleures expressions des arts vivants sénégalais : théâtre, danse, musique et marionnettes. Dans cette dernière catégorie, la pièce « Water Worlds », fruit d’une collaboration entre le Sénégal et le Québec via la compagnie « Motus and Djarama », est en lice.
L’approche adoptée sur place se veut résolument économique. Selon les informations relayées par Kawtef, une consigne stricte a été donnée aux artistes lors des réunions préparatoires : le Masa doit être abordé comme un marché de l’économie créative et non comme un simple festival. L’objectif fixé est d’adopter une démarche proactive pour capter l’attention des tourneurs, des producteurs et des entrepreneurs des arts vivants.
En parallèle, les officiels sénégalais mettent à profit cet événement pour rechercher des partenaires autour de projets étatiques majeurs. Parmi eux figure l’incubateur des entrepreneurs culturels « Mamadou Konté », dont le déploiement est prévu dans les huit pôles territoires de développement. La délégation prépare également le terrain pour un futur grand forum national dédié au financement et au cadre juridique des industries culturelles et créatives. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté d’associer les contenus créatifs à l’offre touristique globale du Sénégal.