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422 milliards FCFA levés au Moyen-Orient : le montage financier complexe qui échappe aux publications officielles.

Le journal économique britannique Financial Times a mis en lumière une opération financière d’envergure menée par les autorités sénégalaises. Un emprunt contracté l’année dernière auprès d’institutions basées au Moyen-Orient attire l’attention en raison des mécanismes spécifiques utilisés pour sa validation.

Selon les informations relayées par le journal Le Quotidien, le gouvernement sénégalais a levé 650 millions d’euros, soit environ 422 milliards de francs CFA. Les fonds ont été obtenus auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) et de la First Abu Dhabi Bank. Cette démarche intervient alors que l’Exécutif avait récemment dénoncé l’existence d’une dette non déclarée par l’administration précédente.

Le montage financier repose sur des obligations souveraines nationales nouvellement émises, adossées à des produits dérivés appelés « swaps de rendement total ». Ces instruments financiers permettent d’obtenir rapidement des liquidités à des taux d’intérêt réduits, en accordant aux prêteurs des droits sur des volumes importants d’obligations. Une particularité de ces swaps réside dans le fait qu’ils ne sont pas systématiquement considérés comme des emprunts classiques par certains créanciers. Par conséquent, l’État n’était pas légalement tenu de rendre cette opération publique, contrairement aux émissions obligataires ordinaires.

L’utilisation de ces swaps confère aux prêteurs une priorité sur les autres créanciers. En cas de défaut de paiement, ces accords peuvent rendre un éventuel processus de redressement de la dette nettement plus complexe. Dans ce contexte, les autorités cherchent à éviter une restructuration globale de la dette publique, une procédure qui exigerait la publication détaillée de l’ensemble des créances et de leurs conditions de remboursement. Les députés ont d’ailleurs été convoqués en Commission des finances pour appuyer l’Exécutif dans sa résolution de ne pas s’engager dans un processus de restructuration.

La gestion des échéances financières reste tendue. Le 3 mars dernier, le Sénégal a dû suspendre temporairement les remboursements destinés à certains bailleurs bilatéraux, tels que China Eximbank et l’Agence française de développement (AFD). Cette décision a permis d’honorer des échéances d’eurobonds s’élevant à plus de 470 milliards de francs CFA, en s’appuyant également sur le marché financier de l’UEMOA. À l’arrivée à terme de ces crédits swaps, un défaut de paiement exposerait le pays à des pénalités financières et à une dégradation supplémentaire de sa note souveraine auprès des agences de notation.

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Un commentaire

  1. Abdou Nar Dia ,il faut informer juste et vrai.
    Je ne sais pas quelle sont vos motivations pour à chaque fois essayer de comparer ton parents Macky sall avec ce régime de manière négative.
    Vous savez parfaitement que y’a rien d’opaque ici

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