Face à l’aggravation de la crise énergétique qui frappe La Havane, l’administration américaine ajuste sa politique de sanctions. Le Département du Trésor a annoncé l’autorisation de la revente d’une partie du pétrole vénézuélien à destination de Cuba, une décision prise dans un climat d’inquiétude croissante au sein des pays voisins des Caraïbes.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette nouvelle politique de licences vise exclusivement un usage « commercial et humanitaire ». Le Trésor américain a précisé que les entreprises ne sont pas autorisées à fournir ce carburant aux entités liées à l’armée cubaine, aux services de renseignement ou à d’autres institutions gouvernementales.
Historiquement, le Venezuela a été le principal fournisseur de brut de l’île au cours des 25 dernières années. Toutefois, cet approvisionnement a été brutalement interrompu le mois dernier. À la suite de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, qui ont pris le contrôle des exportations pétrolières de Caracas, les livraisons vers Cuba ont cessé. Le Mexique, qui tentait de prendre le relais, a également suspendu ses expéditions face aux menaces de droits de douane brandies par Washington.
Cette asphyxie énergétique a dominé les échanges lors du sommet de la CARICOM à Saint-Kitts-et-Nevis. Les dirigeants caribéens ont alerté sur les risques d’une détérioration humanitaire touchant les 10,9 millions de Cubains. Le Premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a souligné qu’une crise prolongée à Cuba ne resterait pas confinée à ses frontières, un avertissement partagé par son homologue de Saint-Kitts-et-Nevis, Terrance Drew, qui a mis en garde contre une déstabilisation régionale.
Présent à ce sommet, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a imputé la responsabilité de la crise aux politiques du gouvernement cubain, écartant l’impact du blocus. Il a averti que les sanctions seraient immédiatement rétablies si le pétrole venait à être détourné au profit du gouvernement ou de l’armée, exigeant par ailleurs des réformes structurelles profondes sur l’île.
Face à l’incapacité de maintenir le réseau électrique et la circulation automobile, le Mexique et le Canada ont annoncé l’envoi d’aide, tandis que la Russie étudie la possibilité de fournir du carburant. Parallèlement à ces tractations diplomatiques, le ministère cubain de l’Intérieur a annoncé la mort de quatre personnes et fait état de six blessés à bord d’une vedette immatriculée en Floride, interceptée dans les eaux cubaines. Marco Rubio a précisé à la presse qu’il ne s’agissait pas d’une opération américaine et qu’aucun membre du gouvernement des États-Unis n’était impliqué dans cet incident.