Washington autorise cinq géants pétroliers à reprendre les forages au Venezuela sous un contrôle financier inédit

C’est un tournant significatif dans la gestion des sanctions économiques visant l’Amérique du Sud. Le département du Trésor des États-Unis vient d’acter une décision qui permet à plusieurs poids lourds de l’industrie énergétique mondiale de reprendre ou d’étendre leurs activités à Caracas. Cette mesure, officialisée vendredi, met fin à une période de restriction totale pour plusieurs acteurs européens et redéfinit les règles du jeu pour l’exploitation des plus grandes réserves d’or noir de la planète.

Selon les documents consultés par notre rédaction et relayés par l’agence Anadolu, Washington a délivré une autorisation formelle à cinq grandes compagnies pétrolières pour opérer de nouveau sur le sol vénézuélien. Cette licence générale, émise par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), concerne spécifiquement quatre majors européennes et une compagnie américaine. Les groupes britanniques BP et Shell, l’italien Eni et l’espagnol Repsol rejoignent ainsi l’américain Chevron, qui bénéficiait jusqu’ici d’une dérogation unique pour maintenir ses activités dans le pays.

L’autorisation ne constitue pas un chèque en blanc. Le texte du ministère américain des Finances précise que ces opérations sont encadrées par un dispositif de surveillance rigoureux. Les sociétés concernées ont l’obligation de transmettre leurs paiements via des comptes spécifiquement approuvés par les autorités américaines. L’objectif est de maintenir une supervision directe de Washington sur les flux financiers générés par cette relance de la production, empêchant ainsi une libre disposition des revenus par l’administration locale sans contrôle externe.

Outre la reprise des opérations courantes, une seconde licence publiée simultanément ouvre la voie à de nouveaux investissements. Les compagnies autorisées pourront désormais explorer de nouveaux gisements et développer des installations existantes. Cette décision intervient alors que le Venezuela détient, selon les données internationales, les plus vastes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils, situées principalement dans le bassin de l’Orénoque. L’exploitation de ce pétrole, souvent lourd et bitumineux, nécessite une expertise technique et des capitaux que ces majors sont en mesure d’apporter.

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