Le retrait des forces russes de Kidal, dans le nord du Mali, marque un revers pour l’appui sécuritaire que Moscou fournit aux autorités maliennes. L’évacuation, intervenue après une offensive coordonnée de groupes liés à Al-Qaïda et de rebelles touaregs, a relancé les doutes sur la solidité de ce partenariat.
Le 25 avril, ces groupes ont lancé des attaques simultanées présentées comme les plus audacieuses depuis plus d’une décennie. Leur alliance, rare, a permis la prise de plusieurs bases militaires dans le nord malien, avant l’encerclement de Kidal.
Le lendemain, le Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe séparatiste majoritairement touareg, a affirmé sur les réseaux sociaux avoir conclu un accord avec les troupes russes pour qu’elles quittent définitivement la ville. Dans la foulée, des vidéos montrant des combattants touaregs raillant un convoi russe en partance ont circulé, comme l’a rapporté Cnn au fil de ce récit.
Kidal avait pourtant été reprise en 2023 par l’armée malienne et des mercenaires russes, mettant fin à près de dix ans de contrôle rebelle. Cette reconquête symbolisait alors la montée en puissance de Moscou au Sahel, après le départ forcé de forces occidentales de plusieurs pays de la région entre 2022 et l’an dernier.
Le revers est d’autant plus sensible que l’Africa Corps, qui opère désormais sous l’autorité du ministère russe de la Défense après avoir remplacé le groupe Wagner, avait été présenté comme un relais sécuritaire central. Des analystes cités dans la source estiment même que la prise de Kidal en 2023 restait la principale victoire russe au Mali.
La crise s’est encore aggravée avec l’assassinat du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, officier formé en Russie et figure clé du rapprochement avec Moscou. Il a été tué près de Bamako dans un attentat-suicide à la voiture piégée, revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda.
Dans le même temps, ce groupe menace désormais de bloquer totalement Bamako et appelle les Maliens à se soulever contre la junte. Le ministère russe de la Défense a reconnu une situation « difficile » au Mali, tout en affirmant que le retrait de Kidal avait permis d’éviter unïfondrement plus large et de déjouer une tentative de coup d’État le 25 avril.
Pour autant, la rupture avec Moscou n’apparaît pas acquise. La source souligne que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont élargi leurs achats de défense à des pays comme la Chine et la Turquie, mais que la Russie reste le seul partenaire disposé à engager directement des forces de combat sur les lignes de front.
Les maliens aussi passent tout leur temp achanter