Violences conjugales au Sénégal : l’auteur d’une tribune dévoile l’arme qui maintient les victimes dans le silence

La récente recrudescence des cas de violences sexuelles et de féminicides au Sénégal suscite de nombreuses interrogations sur les dynamiques sociales qui favorisent ces tragédies. Dans une tribune publiée par Le Quotidien, l’auteur Baba Dieng propose une lecture de cette situation, en mettant en lumière une réalité souvent reléguée au second plan : celle des femmes du monde rural.

Le texte s’ouvre sur un constat lié à l’actualité urbaine. L’auteur explique que la multiplication des drames dans les villes l’a poussé à revoir sa perception initiale, selon laquelle le monde rural détenait le monopole de la violence conjugale. Il souligne que les actes de brutalité, allant des viols aux meurtres, rythment désormais le quotidien à l’échelle nationale.

Cependant, Baba Dieng oriente son analyse vers les zones rurales, où les femmes subissent, selon lui, une double persécution. En plus de faire face à des règles traditionnelles strictes, elles sont exclues de l’espace public et du débat médiatique. La tribune décrit un environnement où la soumission est inculquée comme une norme et où les violences, y compris sexuelles, sont souvent banalisées ou imputées aux victimes elles-mêmes.

L’élément central soulevé par l’auteur pour expliquer ce silence prolongé réside dans la dépendance financière. Le texte publié dans Le Quotidien précise que le mariage est perçu comme une fin en soi dans ces communautés. Quitter le domicile conjugal est alors considéré comme un acte de rébellion sévèrement réprimé par la société.

Pour illustrer ce mécanisme, Baba Dieng s’appuie sur une expérience personnelle issue de son enfance en milieu rural. Il rapporte comment la vulnérabilité économique est utilisée comme un moyen de pression direct, les hommes rappelant aux femmes leur incapacité matérielle à subvenir seules à leurs besoins ou à ceux de leurs enfants en cas de divorce. Le prix de la liberté devient ainsi inabordable, forçant de nombreuses victimes à demeurer dans des foyers marqués par les abus.

La tribune conclut en établissant une distinction entre les moyens d’expression des citadines et ceux des campagnardes, tout en affirmant que la domination masculine demeure une constante structurelle à travers le pays.

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