Six ans après l’adoption de la loi criminalisant le viol et la pédophilie au Sénégal, les autorités judiciaires dressent un bilan contrasté de son application. Réunis le 10 avril 2026 à l’occasion d’un atelier de réflexion organisé par l’Association des femmes magistrates du Sénégal (AFMS) en partenariat avec ONU Femmes, les acteurs de la justice ont évalué les avancées et les limites de ce dispositif légal majeur.
La ministre de la Justice Yassine Fall a souligné qu’il s’agit d’une réforme importante dans la protection des femmes et des enfants, mais dont la mise en œuvre reste confrontée à plusieurs obstacles structurels et sociaux.
Sur le plan judiciaire, les lenteurs dans le traitement des dossiers demeurent un frein majeur à l’efficacité de la loi. À cela s’ajoutent des résistances sociales persistantes qui compliquent la dénonciation et la poursuite de ces infractions, ainsi qu’un manque d’accompagnement adéquat des victimes tout au long de la procédure.
Les données présentées sur la période 2020–2024 mettent en évidence l’ampleur du phénomène. 1 510 victimes ont été recensées. Parmi elles, 957 sont des mineurs, dont 342 âgés de moins de 13 ans. Les statistiques révèlent également 104 cas d’abus commis par des ascendants, mettant en lumière la gravité des violences intrafamiliales. Par ailleurs, 194 décisions d’acquittement ou de non-lieu ont été enregistrées sur la même période.
Ce bilan, bien qu’il témoigne d’une prise en charge judiciaire plus structurée des violences sexuelles, souligne également les défis persistants en matière de prévention, de répression et de protection des victimes.
Le discours du ministre de la Justice n’est rien d’autre qu’une abdication : on croirait entendre une ONG démunie plutôt que l’autorité investie du pouvoir d’agir. Il est inadmissible que ce ministère se complaise dans l’inventaire de ses propres échecs au lieu d’engager enfin les réformes structurelles attendues. Pendant que le sommet de l’État s’égare en dissertations, des citoyens protégés par la présomption d’innocence croupissent indéfiniment dans l’attente d’un jugement qui ne vient jamais.
Le constat est infamant : le viol et la pédophilie explosent en toute impunité malgré leur criminalisation, tandis que l’arbitraire gagne du terrain. Des innocents sont jetés au cachot, brisés pendant des années sans procès, avant d’être libérés dans l’indifférence générale. Votre département fait preuve d’une incompétence notoire dans l’exercice de ses prérogatives régaliennes.
Enfin, comment ne pas s’insurger contre l’hystérie puritaine qui défigure notre société ? Cette traque ignoble des personnes séropositives, dont l’intimité est jetée en pâture à la vindicte populaire, est une dérive abjecte que votre silence cautionne.
Nous, au sein de Pastef, avons lutté pour chasser l’ancien régime afin que plus jamais l’injustice ne règne au Sénégal. Depuis votre nomination, vous faites piètre figure. Le peuple n’a pas fait la révolution pour changer de visage, mais pour changer de système. Votre inertie est une insulte à notre combat.