La capitale vénézuélienne a été le théâtre de vives tensions ce jeudi. Des dirigeants syndicaux, des retraités et des agents du secteur public ont organisé une marche en direction du palais présidentiel de Miraflores pour exiger une revalorisation de leurs revenus, avant de se heurter à un important dispositif sécuritaire.
Déployés très tôt dans le centre-ville de Caracas, les agents de la police nationale ont intercepté le cortège. Si les manifestants ont réussi à franchir les premiers barrages, les forces de l’ordre ont finalement stoppé leur progression à environ deux kilomètres du siège de la présidence. Selon les éléments relayés par Al Jazeera, aucun blessé ni arrestation n’a été signalé lors de ces face-à-face.
Cette mobilisation intervient au lendemain d’une intervention télévisée de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. Face aux revendications, elle a promis qu’une augmentation salariale entrerait en vigueur le 1er mai. Cependant, elle a délibérément choisi de ne pas communiquer le montant de cette hausse. La décision de retenir ce chiffre exact vise, selon ses déclarations, à prévenir le pic d’inflation qui avait suivi la précédente revalorisation du salaire minimum.
La situation salariale au Venezuela reste marquée par un décalage important avec le coût de la vie. Le salaire minimum officiel est gelé depuis 2022 à 130 bolivars, soit environ 0,27 dollar par mois, un niveau largement inférieur au seuil d’extrême pauvreté fixé par les Nations Unies à 3 dollars par jour. Dans les faits, les employés du secteur public perçoivent des primes et indemnités portant leurs revenus mensuels à environ 160 dollars, tandis que la moyenne dans le secteur privé s’établissait à 237 dollars l’année dernière.
Dans les rangs de la manifestation, les annonces de l’exécutif se heurtent à la méfiance. Jose Patines, un dirigeant syndical présent dans le cortège, a exigé la convocation d’élections et le départ du gouvernement intérimaire. Il a également rejeté par anticipation une annonce symbolique, soulignant que les travailleurs réclament un salaire garantissant un véritable pouvoir d’achat plutôt qu’une augmentation de quelques dollars.