Depuis lundi, la banlieue de la capitale indienne est le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des travailleurs du secteur industriel. Les manifestations, qui entrent dans leur quatrième jour à Noida, ont nécessité l’intervention de la police pour tenter de disperser les foules.
La situation a dégénéré lorsque des groupes de manifestants ont incendié des véhicules et jeté des pierres, tentant de forcer les barricades. Selon les images diffusées sur place, les forces de sécurité, équipées de matériel anti-émeute, ont fait usage de gaz lacrymogène. Les autorités policières de Gautam Budh Nagar ont déclaré avoir employé une « force minimale » pour maintenir l’ordre public, ajoutant que des efforts constants sont déployés pour dialoguer avec les travailleurs et les exhorter au calme.
D’après les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, cette mobilisation s’inscrit dans un contexte d’inflation mondiale. Le coût de la vie a augmenté, en partie à cause de la réduction des approvisionnements en carburant provoquée par la guerre impliquant les États-Unis et Israël en Iran, une zone de conflit pointée du doigt lors de récentes rencontres diplomatiques internationales.
Le catalyseur de cette escalade à Noida réside dans une décision prise la semaine dernière dans l’État voisin de l’Haryana. Suite à des mouvements sociaux similaires dans cette région qui abrite plusieurs usines de construction automobile, le gouvernement local a ordonné une augmentation de 35 % du salaire minimum.
À Noida, l’un des plus grands pôles industriels planifiés d’Asie, les revendications s’alignent sur cette dynamique. Vinay Mahoti, un ouvrier de 30 ans originaire du Bihar employé dans une entreprise de bonneterie, a expliqué avoir d’abord protesté au sein de son usine avant de rejoindre les cortèges de rue. Il réclame la fixation des horaires de travail, la rémunération des heures supplémentaires et le respect des directives du gouvernement fédéral par les entreprises. De son côté, Narendra Kashyap, législateur de l’État de l’Uttar Pradesh, a invité les manifestants à soumettre officiellement leurs requêtes au gouvernement.