C’est une évolution majeure dans la politique migratoire américaine qui s’opère loin des annonces officielles. Alors que l’attention se porte sur les frontières, un changement de doctrine discret mais radical menace désormais la liberté de certains réfugiés pourtant admis légalement sur le territoire américain. Une note interne de l’administration Trump, révélée par CBS News, redéfinit les pouvoirs de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) en matière de détention.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, ce document daté du 18 février 2026 porte les signatures de Todd Lyons, directeur par intérim de l’ICE, et de Joseph Edlow, directeur des Services de citoyenneté et d’immigration (USCIS). Le texte, qui n’a fait l’objet d’aucune publication sur les portails du Département de la Sécurité intérieure (DHS), cible spécifiquement les réfugiés déjà présents aux États-Unis mais dont la situation administrative n’a pas évolué selon le calendrier fédéral.
La directive s’appuie sur une disposition légale existante : la loi fédérale impose aux réfugiés de solliciter leur carte verte (statut de résident permanent) un an après leur arrivée. La nouveauté réside dans la conséquence immédiate du non-respect de ce délai. Le mémo instruit l’ICE de placer sous la garde du gouvernement tout réfugié n’ayant pas obtenu ce statut de résident permanent au terme de cette première année.
Concrètement, les personnes concernées doivent se soumettre à un « examen de dossier » et à un contrôle de sécurité supplémentaire. Le document précise que les réfugiés doivent se présenter volontairement pour cette réinspection. En cas de refus ou d’absence, ils s’exposent à une arrestation immédiate et à une mise en détention.
Ce durcissement intervient dans un climat déjà tendu pour l’agence de contrôle migratoire. L’ICE fait face à des critiques croissantes suite à l’augmentation de son budget et à plusieurs incidents récents, notamment le décès de deux citoyens américains lors d’opérations de maintien de l’ordre, qui ont déclenché des manifestations exigeant une plus grande responsabilité des services fédéraux. Pour l’heure, le Département de la Sécurité intérieure n’a ni confirmé ni démenti l’authenticité de cette note confidentielle.