Une scène d’effroi a interrompu samedi soir le traditionnel dîner annuel de l’Association des correspondants de la Maison Blanche (White House Correspondents’ Association, WHCA), au Washington Hilton. Vers 20h30 (heure locale), des coups de feu ont retenti près de la zone principale de contrôle de sécurité, à l’extérieur de la salle de bal où le président Donald Trump venait tout juste de prendre place. L’individu armé a été neutralisé par les forces de l’ordre. Le président, la Première dame Melania Trump, le vice-président JD Vance et l’ensemble des hauts responsables présents sont sains et saufs. Aucun blessé n’est à déplorer parmi les invités.
Une scène de panique retransmise en direct
Les caméras de la chaîne C-SPAN, qui retransmettait l’événement en direct, ont saisi la scène. À peine cinq minutes après que Donald Trump et son épouse aient été installés à la table d’honneur, plusieurs détonations se sont fait entendre — entre trois et cinq tirs, selon les témoins, certains ayant cru en compter jusqu’à huit.
Une odeur de poudre est rapidement remontée vers l’arrière de la salle. Les agents du Secret Service, lourdement armés, ont immédiatement bondi sur la scène, escortant le couple présidentiel et les hautes personnalités vers une zone sécurisée. Sur ordre de la sécurité, les centaines d’invités — journalistes, élus, célébrités — se sont jetés au sol et abrités sous les tables. Des cris de « Out of the way, sir! » (« Dégagez le passage, monsieur ! ») ont été entendus, ainsi que les agents hurlant « shots fired » (« coups de feu ») à la radio.
Le journaliste vétéran de CNN Wolf Blitzer, présent sur place, a livré un témoignage direct particulièrement saisissant : « D’un seul coup, un homme avec une arme — c’était une arme très, très sérieuse — a commencé à tirer, et je me trouvais à quelques pieds de lui pendant qu’il tirait. »
Selon le témoignage de la journaliste Katie Pavlich (Townhall), également présente, « cinq minutes après que Trump fut assis, des coups de feu ont retenti : POP POP POP POP. Tout le monde s’est immédiatement jeté au sol. Le Secret Service a immédiatement fait sortir POTUS et une fouille de la pièce a commencé. »
La déclaration officielle du Secret Service
Anthony Guglielmi, porte-parole du Secret Service, a publié peu après le premier communiqué officiel. L’agence et la police métropolitaine de Washington D.C. enquêtent conjointement sur un « incident de tir » survenu près de la zone principale de contrôle de sécurité du dîner. Le porte-parole confirme que « le président, la Première dame ainsi que toutes les personnes protégées sont en sécurité ».
Selon les sources policières citées par CBS News, le tireur s’est approché des magnétomètres situés à l’extérieur de la salle de bal, où il a été engagé par les forces de l’ordre. L’individu armé n’a jamais réussi à pénétrer dans la salle de bal elle-même — un point confirmé par plusieurs sources (Fox News, CBS News, NBC News).
Tireur abattu ou en garde à vue ? Versions divergentes
Un point reste à clarifier officiellement, les sources livrant des versions contradictoires :
- Donald Trump lui-même, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, affirme que « le tireur a été appréhendé » — laissant entendre une arrestation.
- CBS News, CNN, UPI et Yahoo News, citant des sources policières et un responsable américain, indiquent au contraire que le tireur a été abattu par les forces de l’ordre.
- Le Secret Service, dans son communiqué officiel, parle de « suspect neutralisé » sans trancher publiquement entre les deux hypothèses.
La réaction de Donald Trump : « Que le show continue »
Contrairement aux premières dépêches qui évoquaient une évacuation hors du bâtiment, Donald Trump n’a jamais quitté le Washington Hilton, selon Fox News. Il a été conduit dans une zone de sécurité à l’intérieur de l’hôtel, par précaution.
Sur Truth Social, le président a salué l’intervention des forces de l’ordre :
« Quelle soirée à D.C. Le Secret Service et les forces de l’ordre ont fait un travail formidable. Ils ont agi vite et avec courage. Le tireur a été appréhendé, et j’ai recommandé que « LE SHOW CONTINUE », mais nous nous laisserons entièrement guider par les forces de l’ordre. »
Le président a ajouté que « quelle que soit la décision, la soirée sera très différente de ce qui était prévu, et il faudra tout simplement la refaire ».
Selon CNN, citant un responsable de l’administration, Donald Trump souhaitait retourner sur scène pour prononcer son discours, mais le Secret Service s’y est opposé pour des raisons de sécurité.
Les hauts responsables présents
L’événement réunissait une concentration exceptionnelle de pouvoir politique américain. Parmi les personnalités évacuées par le Secret Service figuraient :
- Le vice-président JD Vance
- Le secrétaire d’État Marco Rubio
- Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth
- Le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr.
- Le secrétaire au Trésor Scott Bessent
- La directrice du Renseignement national Tulsi Gabbard
- Le directeur du FBI Kash Patel
- Le secrétaire aux Transports Sean Duffy
- L’administrateur de l’EPA Lee Zeldin
- La secrétaire à l’Éducation Linda McMahon
- Le leader de la majorité à la Chambre Steve Scalise
- L’administrateur des Centers for Medicare and Medicaid Mehmet Oz
- La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt (enceinte) et le directeur de la communication Steven Cheung
- La procureure fédérale pour Washington D.C. Jeanine Pirro
Cette dernière a confirmé sur place avoir été « sortie » de la salle principale « après le bruit des coups de feu ». La maire de Washington Muriel Bowser et le chef intérimaire de la police métropolitaine Jeffery W. Carroll se sont rendus au Hilton dans la foulée.
Une première historique pour Trump
Il s’agissait de la première participation de Donald Trump au dîner des correspondants de la Maison Blanche en tant que président. Le républicain avait toujours boudé l’événement durant son premier mandat (2017-2021), expliquant alors que la presse était « extraordinairement mauvaise » envers lui. Il avait également manqué l’édition 2025, première année de son second mandat.
En mars 2026, il avait annoncé sur Truth Social accepter l’invitation, qualifiant le geste d’« honneur ». Sa présence avait suscité un vif débat dans la profession journalistique : à la veille du dîner, près de 500 journalistes retraités avaient signé une pétition appelant la WHCA à « démontrer avec force son opposition aux efforts du président Trump pour bafouer la liberté de la presse ».
L’animateur de la soirée n’était pas un comédien — comme c’est traditionnellement le cas — mais le mentaliste Oz Pearlman, l’association ayant cette année renoncé au format du roast présidentiel.
Un parallèle historique troublant
L’incident survient dans le même hôtel où, le 30 mars 1981, le président Ronald Reagan avait été grièvement blessé par balle par John Hinckley Jr., en quittant le Washington Hilton après un discours. Un projectile lui avait perforé un poumon et provoqué une importante hémorragie interne. Le quarantième président américain avait survécu à l’attentat.
Quarante-cinq ans plus tard, c’est dans le même bâtiment que Donald Trump a frôlé le drame.
Ce que l’on ignore encore
À l’heure de la publication, plusieurs zones d’ombre persistent :
- L’identité, le profil et les motivations du tireur ;
- Les circonstances exactes par lesquelles un individu armé a pu approcher du dispositif de sécurité d’un événement classé parmi les plus protégés de Washington ;
- Le sort officiel précis du suspect (mort ou en garde à vue) ;
- Si l’incident sera qualifié de tentative d’assassinat présidentielle.
Le département de la Justice n’a pas encore réagi officiellement. Une enquête conjointe est en cours, menée par le Secret Service et la police métropolitaine de Washington.
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