L’étau s’est refermé sur l’une des cibles les plus prioritaires des agences de lutte contre le crime organisé sur le continent américain. À la suite d’une vaste opération matinale menée à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, un acteur central du trafic international de stupéfiants a été appréhendé par les forces de l’ordre avant de quitter le territoire sud-américain.
Selon les informations de la chaîne Al Jazeera, des centaines de policiers boliviens ont été mobilisés vendredi pour capturer Sebastian Enrique Marset Cabrera. Âgé de 34 ans, ce ressortissant uruguayen est identifié comme le chef du Premier cartel uruguayen, une organisation criminelle transnationale. Le suspect, qui estampillait ses cargaisons de drogue du label « le Roi du Sud », était en cavale depuis juillet 2023.
Immédiatement après son arrestation, qui n’a fait aucun blessé, l’homme a été transféré sous la garde des États-Unis et aperçu embarquant dans un avion doté d’une immatriculation américaine. Bien que l’agence antidrogue américaine (DEA) n’ait pas participé directement à l’assaut, Washington avait promis une prime de 2 millions de dollars en mai de l’année dernière pour sa capture. Le fugitif fait l’objet d’une inculpation depuis le 7 mars 2024 pour blanchiment d’argent et expédition de cocaïne à l’échelle mondiale. Une saisie record de 16 tonnes dans le port belge d’Anvers a notamment été formellement reliée à son réseau.
Le président bolivien Rodrigo Paz a salué cette intervention lors d’une conférence de presse à La Paz, soulignant la chute de l’un des quatre plus grands trafiquants du continent. Cette arrestation s’inscrit dans un nouveau cadre de coopération sécuritaire. Arrivé au pouvoir en novembre, le gouvernement de Rodrigo Paz a récemment rétabli ses relations avec la DEA, rompues depuis 2008.
Cette dynamique bilatérale a été consolidée lors d’une récente rencontre au complexe de Mar-a-Lago, en Floride, entre le président bolivien et Donald Trump. L’administration américaine y a réaffirmé sa volonté de traiter les cartels avec des méthodes militaires. Stephen Miller, conseiller de Donald Trump, a déclaré que ces réseaux devaient être considérés comme « l’EI [État islamique] et Al-Qaïda de l’hémisphère occidental » et traités avec la même intransigeance.
Le parcours de Sebastian Marset illustre la complexité de sa traque. Connu pour investir dans des clubs de football locaux, il avait déjà été brièvement interpellé à Dubaï en 2021 avec un faux passeport, avant de réussir à quitter les Émirats arabes unis grâce à de nouveaux documents de voyage fournis par l’Uruguay. La Bolivie avait mis sur la table 100 000 dollars pour sa capture, tandis que le Paraguay réclame aujourd’hui son extradition pour le juger.
Notre rédaction note que ce coup de filet en Bolivie intervient un mois seulement après une autre opération d’envergure au Mexique ciblée sur Nemesio Oseguera Cervantes, dit « El Mencho ». Cette précédente intervention contre le leader du cartel de Jalisco Nouvelle Génération s’était soldée par sa mort et avait déclenché une vague d’attaques en représailles sur le territoire mexicain.