Un ministre israélien dévoile le sort réservé au Sud-Liban et fixe une nouvelle ligne de démarcation

Alors que les opérations militaires israéliennes s’intensifient au Liban depuis le début du mois de mars, les objectifs territoriaux de cette offensive se précisent. Les destructions massives d’infrastructures s’accompagnent désormais de revendications politiques directes concernant la modification des frontières entre les deux pays.

Lundi, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a publiquement appelé à l’annexion du sud du Liban. Lors d’une interview accordée à la radio israélienne, il a affirmé que l’offensive en cours devait aboutir à une « réalité totalement différente », impliquant un « changement des frontières d’Israël ». Selon ses déclarations, la nouvelle ligne de démarcation israélienne doit être fixée au niveau du fleuve Litani, une voie d’eau essentielle située à environ 30 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.

Sur le terrain, la stratégie militaire s’aligne sur ces objectifs. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, l’armée israélienne procède à la destruction systématique des infrastructures du Sud-Liban, ciblant les ponts, les stations-service et les centres de santé. La correspondante du média, Zeina Khodr, indique que cette manœuvre vise à isoler la région du reste du pays, s’apparentant à une stratégie de dépeuplement de toute la zone méridionale. Les responsables libanais redoutent que la destruction des ponts reliant le sud à Beyrouth ne prépare une intensification des opérations terrestres.

Les conséquences humanitaires de cette offensive sont majeures. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, a précisé lundi que plus de 1,2 million de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, soit environ un cinquième de la population libanaise. Actuellement, plus de 130 000 déplacés, dont 46 000 enfants, sont hébergés dans plus de 600 centres d’accueil saturés. Les ordres de déplacement forcé émis par l’armée israélienne concernent l’ensemble du Sud-Liban ainsi que la banlieue sud de Beyrouth.

Le bilan humain continue de s’alourdir. Le ministère libanais de la Santé fait état d’au moins 1 039 morts, dont 118 enfants, et de 2 876 blessés depuis début mars. Le secteur médical est particulièrement touché : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recensé au moins 64 attaques contre des établissements de santé, causant 51 décès et 91 blessés. Face à cette situation, Amnesty International a exigé l’arrêt des frappes contre le personnel soignant, protégé par le droit international.

Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte régional de haute intensité. L’escalade des frappes israéliennes au Liban a débuté après des tirs de roquettes du Hezbollah, eux-mêmes lancés en réponse au déclenchement, le 28 février, de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Depuis, le groupe armé libanais maintient ses tirs vers le nord d’Israël tout en affrontant les troupes au sol.

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