Un logement calciné et une seule ambulance : l’agonie du système de soins dans cette commune de Bignona

Dans le département de Bignona, l’accès aux soins médicaux de base relève du défi quotidien pour des milliers d’habitants. Entre des infrastructures défaillantes et un déficit chronique en ressources humaines, la prise en charge des patients se heurte à des obstacles matériels et logistiques majeurs.

La situation est particulièrement critique dans la commune rurale de Djinaky. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette localité enclavée ne dispose que d’un seul poste de santé pour desservir plusieurs villages. Cette structure unique fonctionne avec des capacités extrêmement limitées. Le président du comité de développement sanitaire, Bakary Fransou Sonko, souligne que l’équipe médicale opère malgré une pénurie d’équipements, de médicaments et de personnel.

Le fonctionnement de ce poste a été sévèrement impacté par un incendie survenu entre la fin de l’année 2022 et le début de 2023. Le sinistre a détruit le logement du personnel soignant, un bâtiment qui demeure inutilisable à ce jour. Cet événement a entraîné une vacance du poste d’infirmier-chef pendant plusieurs mois. Si les activités ont repris en 2024, les conditions d’exercice restent précaires.

Le déficit en ressources humaines s’accentue lors des pics d’affluence, particulièrement pendant la saison des pluies où les cas de paludisme se multiplient. Notre rédaction note également que la composition de l’équipe soignante pose des contraintes de sécurité : l’absence de personnel masculin complique la gestion des urgences et des interventions nocturnes.

Face aux limites du poste local, les patients nécessitant des soins spécialisés sont contraints d’être évacués vers les centres de Bignona, Diouloulou ou Ziguinchor. Ces déplacements sont entravés par l’existence d’une unique ambulance pour l’ensemble de la zone, générant des retards dans les prises en charge urgentes. Les coûts liés au transport, aux soins et au séjour représentent une charge financière importante pour les familles, poussant certains malades à renoncer à l’hôpital.

Pour pallier ces urgences, les habitants ont instauré des systèmes de cotisations communautaires. Les acteurs locaux de Djinaky formulent des demandes précises aux autorités publiques et aux partenaires : la réhabilitation des bâtiments endommagés, l’affectation de personnel médical supplémentaire, un approvisionnement régulier en médicaments et l’érection du poste actuel en centre de santé secondaire.

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