La section du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) de l’Université Numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) a tiré la sonnette d’alarme ce lundi sur la situation de l’établissement, dénonçant une « grave crise » qui menace, selon elle, la stabilité de l’institution et l’avenir de plus de 60 000 étudiants.
Lors d’un point de presse, les responsables syndicaux ont rappelé que l’UN-CHK, devenue la deuxième université du Sénégal en nombre d’étudiants, s’est construite au prix de nombreux sacrifices malgré des contraintes liées au budget, aux infrastructures, à la connectivité et aux retards académiques.
« Grâce à ces efforts collectifs, l’UN-CHK s’est bâtie et est parvenue à obtenir des résultats dont nous pouvons être fiers », ont-ils souligné.
Le SAES estime toutefois que la gouvernance actuelle a plongé l’université dans une situation préoccupante. Le syndicat dénonce notamment « une mal gouvernance inqualifiable » depuis seize mois, marquée par la marginalisation des instances de décision, la multiplication des contrats arrêtés sans concertation, l’opacité dans les recrutements, ainsi qu’une dégradation du climat social.
Parmi les griefs évoqués figurent également la tenue de seulement deux conseils académiques et d’une unique réunion de coordination en seize mois, en plus d’une gestion des ressources humaines jugée contestable.
Les syndicalistes pointent aussi une négligence des activités pédagogiques et une remise en cause des acquis sociaux obtenus après plusieurs années de dialogue.
Selon la section SAES/UN-CHK, la situation a atteint un seuil critique. « À huit semaines des vacances académiques, l’université n’a pas encore démarré l’année académique 2025-2026 », déplore le syndicat, ajoutant que des étudiants orientés depuis octobre 2025 n’ont toujours pas commencé leurs cours.
Face à cette crise, le SAES appelle les autorités à agir rapidement. « L’UN-CHK est un patrimoine national. Elle ne peut être sacrifiée par une gouvernance non inclusive, tâtonnante et défaillante », ont insisté les responsables syndicaux.
Ils affirment rester mobilisés pour défendre l’institution, préserver les acquis obtenus au fil des années et garantir « le droit de plus de 60 000 étudiants à une formation de qualité ».
Pour la section syndicale, « il y a une extrême urgence » à redresser la situation afin de préserver l’avenir de l’université et celui des milliers d’étudiants qu’elle accueille.
