La Russie a mené une vaste offensive nocturne à l’aide de missiles et de drones à travers l’Ukraine. Ces frappes massives interviennent dans un contexte temporel particulièrement resserré, à l’aube de nouvelles tractations diplomatiques de haut niveau visant à trouver une issue à ce conflit qui entre dans sa cinquième année.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, plusieurs régions ukrainiennes ont été ciblées par cette vague d’attaques. Dans la capitale, Kiev, le maire Vitali Klitschko a fait état de dégâts sur un immeuble résidentiel de neuf étages dans le district de Darnytskyi, ainsi que d’incendies localisés. Les systèmes de défense antiaérienne ont été activés, et aucune victime n’a été signalée dans la ville. Le bilan humain s’alourdit en revanche dans d’autres zones : les frappes ayant touché les régions de Kharkiv, Zaporijjia et Dnipropetrovsk ont fait au moins huit blessés, dont sept à Kharkiv.
L’intensité de ce bombardement contraste avec l’agenda diplomatique qui se déploie simultanément. Ces tirs précèdent de quelques heures une rencontre programmée à Genève, en Suisse. Ce rendez-vous doit réunir le négociateur en chef ukrainien, Rustem Umerov, et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Il s’agit d’une étape préparatoire avant une session plénière de pourparlers impliquant Moscou, Kiev et Washington, attendue pour le début du mois de mars.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé avoir échangé par téléphone avec Donald Trump et ses deux émissaires pendant une demi-heure. L’objectif de cette discussion était de baliser les sujets abordés à Genève. Le dirigeant ukrainien espère que ces discussions ouvriront la voie à une rencontre directe avec son homologue russe, Vladimir Poutine. Si Donald Trump soutient cette démarche, le président russe a jusqu’à présent rejeté cette éventualité, remettant régulièrement en cause la légitimité de Volodymyr Zelensky.
Du côté de Moscou, l’agence d’État TASS a indiqué que l’émissaire du Kremlin pour les affaires économiques, Kirill Dmitriev, est également attendu à Genève pour des discussions avec la partie américaine.
Sur le fond, les négociations continuent de buter sur des obstacles majeurs, notamment la question territoriale. La Russie exige le contrôle total de la région de Donetsk, dans le Donbass. L’Ukraine, dont la Constitution interdit toute cession de territoire, rejette cette exigence et conditionne tout accord à l’obtention de garanties de sécurité strictes pour prévenir une nouvelle invasion.