Turquie : la traduction d’une inscription gravée sur une mosaïque de 1 500 ans révèle un message familier

Les archéologues opérant dans l’ancienne cité de Syedra, située à Antalya en Turquie, ont mis au jour une mosaïque remarquablement conservée. Cette découverte, réalisée dans le cadre du projet « Héritage pour l’Avenir », s’est déroulée au sein de l’une des plus vastes habitations de ce site historique dont les origines remontent à près de 3 000 ans.

Menées par le ministère turc de la Culture et du Tourisme, les fouilles sont dirigées par le professeur associé Ertug Ergurer, de la faculté de tourisme de l’Université Alaaddin Keykubat. Selon l’agence Anadolu, l’équipe a dégagé une mosaïque d’environ 15 mètres carrés dans la partie centrale de l’entrée d’un imposant bâtiment. Les premières analyses estiment que l’œuvre, ornée de motifs géométriques et floraux, date d’une période comprise entre le IVe et le VIe siècle.

L’élément central de cette découverte réside dans les textes intégrés à l’œuvre. Le professeur Ergurer précise que la mosaïque comporte deux inscriptions. La première, située au centre, se traduit par une formule de vœux signifiant « utilisez-la avec bonheur » ou « avec chance ». La seconde, inscrite dans une bordure circulaire près de l’entrée, a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. Elle se compose de deux mots se traduisant littéralement par « jalousie » et « éclater ». Le responsable des fouilles indique qu’il s’agit de l’équivalent de l’expression contemporaine « que le jaloux éclate », ajoutant que la présence d’une telle formule à l’entrée d’une résidence vieille de 1 500 ans a constitué une surprise majeure pour l’équipe.

Le bâtiment abritant la mosaïque est identifié comme une résidence de premier plan de l’ancienne Syedra. Cette structure de trois étages, dotée d’une cour centrale et de multiples pièces, a été occupée du IIe au VIIe siècle de notre ère. Les archéologues expliquent l’état de conservation exceptionnel de la mosaïque par les modifications architecturales successives. Au fil des siècles, de nouveaux propriétaires ont ajouté des espaces et certaines parties, dont l’entrée abritant l’œuvre, ont été recouvertes, la protégeant ainsi des dégradations du temps.

Les travaux de préservation sont déjà en cours. Selma Yagcı, restauratrice-conservatrice membre de l’équipe, détaille que des interventions d’urgence ont été menées sur certaines zones. Les fragments éparpillés ont été réassemblés, les joints comblés, et un protecteur de surface a été appliqué pour finaliser la sécurisation de la mosaïque.

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