Le coup de théâtre était attendu, mais sa violence politique a surpris plus d’un observateur. Ce vendredi 27 mars 2026, la Commission de l’Union africaine a officiellement annoncé l’échec de la procédure de silence destinée à entériner la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Vingt États membres ont rompu le silence, bloquant ainsi l’adoption du projet de décision. Mais c’est la réaction cinglante du ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier J.P. Nduhungirehe, qui a véritablement fait monter la température diplomatique.
Le Rwanda sort du silence et accuse
Dans une déclaration publique d’une rare virulence, le chef de la diplomatie rwandaise n’a pas mâché ses mots. « Ce qui s’est passé aujourd’hui à l’Union africaine est un rappel brutal que le leadership compte. Il est incroyable de constater qu’une organisation continentale entière puisse être ternie ou plongée dans une crise par son propre président en exercice, en poste depuis moins de deux mois », a lancé Olivier Nduhungirehe.
Le ministre a tenu à préciser que le vote des vingt États membres ne visait pas à rejeter la candidature d’un individu en particulier, mais à s’opposer à « une procédure viciée » initiée par le président Évariste Ndayishimiye du Burundi, « en violation totale de toutes les règles et réglementations régissant les candidatures africaines dans le système international ».
Une chronologie accablante
Le ministre rwandais a déroulé une chronologie précise des événements pour illustrer ce qu’il qualifie de faute procédurale grave.
Le 2 mars 2026, le Représentant permanent du Burundi auprès des Nations Unies à New York a adressé une lettre à la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, indiquant que « mon gouvernement, président en exercice de l’Union africaine, nomme Son Excellence Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies ». Selon Nduhungirehe, cette soumission « est arrivée comme une surprise totale pour tous les chefs d’État et de gouvernement africains, aucun d’entre eux n’ayant été consulté ».
Puis, après avoir placé la candidature devant le fait accompli à New York, le président burundais a convoqué le bureau de l’Union africaine — auquel seuls deux autres membres ont participé — et a soumis la question à une procédure de silence de 24 heures seulement. « Au lieu de convoquer un sommet de l’UA pour obtenir l’avis de ses pairs, il a choisi de ne leur donner que 24 heures pour soit entériner, par leur silence, une décision de l’UA « EXPRIMANT SON FERME SOUTIEN » à sa propre initiative, soit la rejeter en rompant le silence », a détaillé le ministre.
« Trop, c’en était trop »
Pour le Rwanda, cette méthode a constitué un affront inacceptable. « C’en était trop pour de nombreux États membres de l’UA, qui ne pouvaient accepter un tel diktat et un tel manque de respect de la part de leur président en exercice. Ils ont alors décidé de rompre le silence, de bloquer sa décision et de rappeler au président Ndayishimiye que l’Union africaine est régie par l’État de droit », a martelé Nduhungirehe.
Le ministre a conclu en reconnaissant que « les dégâts avaient déjà été faits aux yeux du monde extérieur », tout en espérant que cet incident servira de leçon pour les futures nominations à la présidence de l’Union africaine.
Le Sénégal se désolidarise, l’Afrique australe fait bloc contre
Parallèlement à cette réaction rwandaise, un autre fait marquant a émaillé cette journée diplomatique. La Mission permanente du Sénégal auprès de l’Union africaine a publié une note verbale indiquant que « le Gouvernement du Sénégal n’a, à aucun stade, endossé cette candidature et n’a pas été associé à l’initiative y afférente ». Le pays d’origine de Macky Sall a ainsi clairement refusé d’être considéré comme partie prenante d’une démarche qu’il attribue exclusivement au gouvernement du Burundi.
Par ailleurs, selon Confidentiel Afrique, le puissant bloc des pays de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) a quasi unanimement écrit pour rejeter la décision portée par le seul Burundi. Un haut responsable de la Commission juridique de l’UA a confié que « le président Ndayishimiye a abusé de son statut de président en exercice pour pousser cette candidature ».
Les partisans de Macky Sall relativisent
Malgré ce revers majeur, les soutiens de l’ancien président sénégalais tentent de minimiser la portée de cet échec. Le député Abdou Mbow, membre de l’Alliance pour la République (APR), a estimé que la candidature restait « plus que jamais crédible et actuelle ». Selon lui, 34 pays seraient en réalité favorables à Macky Sall et les objections porteraient uniquement sur la procédure, non sur le candidat lui-même. Il a ajouté que deux pays, le Liberia et l’Égypte, auraient retiré leur opposition après la clôture.
Une candidature fragilisée à l’approche de la date butoir
Quoi qu’il en soit, l’Union africaine se retrouve sans position officielle validée en faveur d’un candidat africain à seulement quatre jours de la date limite du 1er avril 2026 fixée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour le dépôt des candidatures. Les dialogues interactifs avec les candidats sont prévus durant la semaine du 20 avril.
Sur la liste des prétendants au poste de Secrétaire général figure également Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, soutenu par l’Argentine, ainsi que Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, appuyée par le Chili, le Brésil et le Mexique.
Cet épisode, loin d’être une simple querelle procédurale, révèle les lignes de fracture profondes au sein de l’Union africaine et pose la question de la gouvernance de l’institution continentale. Comme l’a résumé le ministre rwandais : « J’espère que cet incident servira de leçon pour les futures nominations de présidents de l’Union africaine. »
J’ai un poste à pourvoir pour Macky sall .faites lui parvenir l’annonce. Lui qui coure à travers le monde pour des poste. Ses ouailles n’ont qu’à aller dans les plateaux ha ha ha .il dépense nos sous pour sa propagande