Le Commandement sud des États-Unis (SOUTHCOM) a confirmé l’exécution de plusieurs manœuvres offensives dans les eaux internationales, marquant une intensification de la lutte contre les réseaux de stupéfiants. Sous l’impulsion de l’administration du Président Donald Trump, ces opérations maritimes ont abouti à un bilan humain lourd qui suscite désormais une réaction formelle des instances onusiennes.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, l’armée américaine a mené trois frappes distinctes, tard dans la journée de lundi, ciblant des embarcations dans le Pacifique oriental et la mer des Caraïbes. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’opération baptisée « Southern Spear ». Le bilan officiel fait état de 11 décès, qualifiés par le SOUTHCOM de « narco-terroristes ». Le commandement militaire a précisé que quatre individus ont été tués sur un premier navire, quatre sur un second dans le Pacifique, et trois autres sur une embarcation située dans les Caraïbes.
Cependant, la qualification des cibles et la méthode employée soulèvent une controverse juridique majeure. Depuis le lancement de cette campagne le 2 septembre, au moins 145 personnes ont perdu la vie lors de 42 frappes similaires. Si Washington présente ces actions comme une nécessité pour endiguer les flux de drogue vers le sol américain, l’absence de preuves publiques reliant les victimes au trafic de stupéfiants alimente les contestations.
Des familles en Colombie et à Trinité-et-Tobago ont formellement identifié certaines victimes comme étant des pêcheurs ou des travailleurs temporaires transitant depuis le Venezuela. Face à ces éléments, des actions en justice ont été initiées, notamment une plainte pour mort injustifiée déposée devant un tribunal américain du Massachusetts concernant deux travailleurs trinidadiens.
La ligne de défense de l’administration américaine repose sur la notion de conflit armé avec les groupes de narcotrafiquants, dont certains sont désignés comme organisations terroristes étrangères. Cette interprétation est rejetée par plusieurs experts en droit international et par les Nations Unies. Volker Turk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a souligné qu’aucun des individus visés ne semblait poser une menace imminente justifiant l’usage de la force létale, évoquant une violation potentielle de la Charte de l’ONU.
Malgré ces avertissements, les autorités américaines maintiennent leur stratégie. Le Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a réaffirmé la détermination de l’exécutif, indiquant que la campagne pourrait s’étendre à des cibles terrestres.