Les récents rapports faisant état de tirs de missiles balistiques en direction d’une installation militaire dans l’océan Indien ont fait réagir Téhéran. Face aux accusations, les autorités iraniennes ont officiellement rejeté toute implication dans cet incident qui attire l’attention en raison de la distance inhabituelle séparant le site ciblé du territoire iranien.
Un haut responsable iranien a déclaré dimanche au média Al Jazeera que la République islamique n’était ni responsable, ni à l’origine des frappes balistiques ayant visé la base militaire de Diego Garcia.
Cette mise au point fait suite à des informations publiées vendredi par le Wall Street Journal. Le quotidien américain a rapporté que deux missiles balistiques à portée intermédiaire avaient été tirés vers cette installation stratégique, sans toutefois l’atteindre. Sollicité par l’agence Anadolu sur le sujet, le Pentagone n’a pas fourni de réponse dans l’immédiat.
L’île de Diego Garcia, la plus grande de l’archipel des Chagos au centre de l’océan Indien, abrite une présence militaire conjointe américano-britannique depuis les années 1970. Le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser cette base, qui accueille des bombardiers à long rayon d’action et d’autres moyens stratégiques, dans le cadre de leurs opérations militaires dirigées contre l’Iran.
L’incident soulève des interrogations techniques au regard des capacités balistiques officiellement revendiquées par Téhéran. La base de Diego Garcia se trouve à 4 000 kilomètres de l’Iran. Cette distance représente exactement le double de la limite de 2 000 kilomètres que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait affirmé que son pays s’était délibérément imposée pour la portée de ses missiles.
Ces développements s’inscrivent dans une séquence plus large d’escalade militaire au Moyen-Orient. Récemment, d’autres frappes dans le Golfe ont conduit l’Arabie saoudite à expulser cinq diplomates iraniens, une mesure diplomatique stricte qui faisait suite à des décisions similaires prises par le Qatar après des attaques contre ses installations gazières.