Tensions sur l’axe Pékin-Téhéran et le taux douanier brandi par Donald Trump

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé à Pékin dans un contexte diplomatique tendu, marqué par le blocage du détroit d’Ormuz par les États-Unis. Cette situation économique et militaire implique directement la Chine et la Russie, qui dénoncent la stratégie de la Maison-Blanche face à l’Iran.

Sergueï Lavrov a reçu un accueil officiel mardi dans la capitale chinoise, selon les images consultées par notre rédaction et diffusées par le ministère russe des Affaires étrangères. Les deux nations ont conjointement condamné le dispositif américain empêchant les navires d’accéder ou de quitter les ports iraniens. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun, a rappelé lundi que le détroit d’Ormuz constitue une route commerciale internationale dont le libre accès relève de l’intérêt commun. La Chine se trouve économiquement affectée par cette crise, important près d’un tiers de ses approvisionnements pétroliers d’Iran.

L’objectif des États-Unis est d’asphyxier Téhéran par ce blocus. Selon le correspondant d’Al Jazeera à Washington, l’administration américaine espère que cette pression incitera la Chine à contraindre l’Iran de retourner à la table des négociations. Une récente tentative de pourparlers entre les délégations américaine et iranienne, tenue au Pakistan le week-end dernier, n’a produit aucune percée, selon les détails partagés lundi par le diplomate iranien Abbas Araghchi à Sergueï Lavrov lors d’un entretien téléphonique. Ce dernier a d’ailleurs réitéré l’opposition de la Russie à toute confrontation armée au Moyen-Orient.

Dans ce climat, Donald Trump, qui se rendra à Pékin le mois prochain pour s’entretenir avec le président Xi Jinping, a formulé de nouvelles menaces dimanche. Il a averti qu’il frapperait les marchandises chinoises de droits de douane de 50 % si Pékin venait à fournir une assistance militaire à Téhéran. Cette sortie intervient alors que des rapports du renseignement américain, cités par CNN, affirment que la Chine se préparerait à livrer de nouveaux systèmes de défense aérienne à l’Iran dans les semaines à venir.

Ces allégations ont été formellement démenties mardi par Pékin. Guo Jiakun a qualifié ces rapports de documents « totalement fabriqués », précisant que si Washington imposait des tarifs douaniers supplémentaires sur cette base, la Chine adopterait des contre-mesures fermes. Parallèlement, Pékin poursuit ses consultations diplomatiques : le président Xi Jinping a rencontré mardi matin le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez et le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyane.

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