Les relations déjà tumultueuses entre le gouvernement israélien et Madrid viennent de franchir un nouveau cap. En réponse aux prises de position successives du gouvernement espagnol sur la situation au Moyen-Orient, les autorités israéliennes ont acté une mesure de rétorsion ciblant directement l’implication de l’Espagne dans les opérations humanitaires et sécuritaires.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a officiellement interdit à Madrid de participer au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC), basé à Kiryat Gat. Cette structure a pour mission principale de superviser le « cessez-le-feu » à Gaza et de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave.
Dans une déclaration vidéo diffusée vendredi sur le réseau social X, le dirigeant israélien a justifié cette éviction en accusant l’Espagne de mener une guerre diplomatique contre son pays. « L’Espagne a diffamé nos héros, les soldats de l’armée la plus morale du monde. Par conséquent, j’ai donné pour instruction aujourd’hui de retirer les représentants de l’Espagne du centre de coordination », a-t-il affirmé.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appuyé cette démarche en dénonçant les positions du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Il a accusé le gouvernement de Madrid d’avoir proféré des accusations calomnieuses à l’encontre de l’armée israélienne, estimant que l’Espagne avait perdu toute capacité à jouer un rôle constructif dans la mise en œuvre des plans de paix américains.
Le Centre de coordination dont l’Espagne est désormais exclue est une base dirigée par les États-Unis, établie en octobre dernier. Ce hub rassemble du personnel militaire et des diplomates de plusieurs pays pour collaborer avec Israël et Washington. Il s’inscrit dans le cadre du plan en 20 points de Donald Trump visant à mettre un terme au conflit à Gaza.
Cette exclusion s’ajoute à une série de différends diplomatiques ayant émergé depuis octobre 2023. L’année suivante, l’Espagne a officiellement reconnu l’État de Palestine. Plus récemment, le gouvernement de Pedro Sanchez s’est opposé à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, débutée le 28 février, allant jusqu’à fermer l’espace aérien espagnol aux aéronefs américains impliqués dans ces opérations. Sur le terrain, malgré l’annonce du cessez-le-feu, les opérations militaires israéliennes se poursuivent de manière quasi quotidienne à Gaza, avec des restrictions toujours en vigueur sur les livraisons d’aide vitale.