Face aux tensions grandissantes entre Washington et Téhéran, Varsovie adopte une ligne de fermeté et de prudence. Le ministre polonais de la Défense a non seulement exclu toute participation de son pays à une opération militaire, mais a également mis en garde contre les répercussions en chaîne qu’un conflit élargi pourrait avoir sur l’industrie de l’armement, le soutien à l’Ukraine et l’économie mondiale.
La position polonaise est sans équivoque. En visite aux États-Unis, le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a coupé court aux spéculations sur une éventuelle implication de son pays dans le conflit au Moyen-Orient. « Aucune demande de ce type n’a été formulée. La Pologne ne participe pas à cette opération », a-t-il déclaré mardi sur les ondes de la radio privée RMF FM, clarifiant la posture d’un membre clé de l’OTAN.
Une industrie de défense sous pression
Au-delà de cette non-participation, le ministre a surtout exprimé ses vives inquiétudes quant aux conséquences d’une escalade sur un secteur déjà sous tension : celui de l’armement. Selon lui, l’éclatement d’une guerre dans la région mettrait à rude épreuve les capacités de production et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
« Les industries polonaise, européenne et américaine doivent passer à la sixième vitesse », a-t-il martelé, appelant le secteur occidental de la défense à se mettre en « mode alerte maximale ».
Cette mobilisation serait indispensable pour répondre à une demande qui exploserait, les équipements américains étant utilisés tant par les forces américaines que par leurs alliés dans le Golfe Persique.
L’ombre d’un impact sur le front ukrainien
La principale crainte de Varsovie est l’effet domino sur l’aide militaire à Kiev. Une part significative de la production d’armements pourrait être détournée vers le Moyen-Orient, au détriment du soutien à l’Ukraine. « Tout cela affectera la capacité de production et le transfert de cette production vers l’Ukraine, ainsi que les achats européens d’équipements américains pour l’Ukraine. C’est également une question polonaise », a prévenu M. Kosiniak-Kamysz.
Risques géopolitiques et avantage pour la Russie
Le ministre a enfin souligné les implications géopolitiques plus vastes d’une crise impliquant l’Iran. Il a notamment évoqué la menace d’une fermeture du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour les exportations pétrolières mondiales. Une telle situation provoquerait une flambée des prix de l’énergie, ce qui, a-t-il averti, pourrait profiter économiquement à la Russie en augmentant massivement ses revenus issus des exportations de matières premières.
Exact, très pertinent au contraire de la déclaration du ministre français des affaires étrangères.
L Europe se fissure.
L internationalisation du conflit profite aux agresseurs…