UCAD : Une libération sous contrôle judiciaire qui désamorce la crise
Dakar – Dans un climat universitaire encore lourd, une décision de justice vient apporter un répit prudent. Après plusieurs jours de garde à vue et une attente fébrile, les trois présidents d’amicale de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), Demba Ka, Waly Faye et Bathie Fall, ont été remis en liberté ce mercredi. Le Doyen des juges d’instruction a décidé de les placer sous contrôle judiciaire, allant à l’encontre des réquisitions du parquet qui demandait leur placement sous mandat de dépôt.
Un bras de fer judiciaire remporté par la défense
L’audience au Tribunal de grande instance de Dakar était décisive. Face aux lourdes accusations portées par le Ministère public, un collectif d’avocats de renom, incluant Mes Ciré Clédor Ly et Sally Mamadou Thiam, a plaidé pour la libération de leurs clients. Le magistrat instructeur a finalement opté pour une mesure d’apaisement, permettant aux leaders étudiants de recouvrer la liberté en attendant la suite de l’information judiciaire. Cette décision, bien que provisoire, est perçue comme une première victoire pour la défense et un geste significatif visant à calmer les esprits sur un campus meurtri. Un autre étudiant demeure cependant en garde à vue, rappelant que le dossier est loin d’être clos.
Des charges graves dans le sillage d’une journée tragique
Si le soulagement prédomine chez les proches et la communauté étudiante, l’inquiétude demeure. Les charges qui pèsent sur les trois responsables sont particulièrement graves :
- Violences et voies de fait
- Destruction de biens publics
- Rébellion et outrage
- Actes de nature à compromettre la sécurité publique
- Détention d’armes sans autorisation
- Participation à une manifestation non déclarée
Ces inculpations font suite aux violents affrontements qui ont secoué l’UCAD le 9 février dernier. Une journée de chaos marquée par des barricades, des jets de projectiles et des actes de vandalisme, mais surtout par la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, qui serait tombé d’un étage du campus. Les manifestations, parties de revendications sociales et académiques, avaient rapidement dégénéré, provoquant une intervention musclée des forces de l’ordre et l’arrestation de plusieurs étudiants, dont les trois leaders aujourd’hui libérés. L’instruction devra désormais faire toute la lumière sur les responsabilités de chacun dans cette spirale de violence qui a endeuillé l’université.