Tensions à la frontière afghano-pakistanaise : des enfants tués dans de nouveaux affrontements

La tension reste vive à la frontière afghano-pakistanaise où de nouveaux affrontements ont éclaté ce lundi, coûtant la vie à au moins trois enfants en Afghanistan, selon des sources locales. Face à cette escalade, Islamabad a ordonné la fermeture de dizaines d’écoles dans les zones frontalières, plongeant la région dans une incertitude croissante.

D’après la chaîne afghane Tolo News, des tirs d’obus, attribués aux forces pakistanaises, ont frappé un camp de réfugiés dans le district de Khas Kunar, tuant trois enfants et en blessant deux autres. En réplique, la télévision d’État pakistanaise, citant des sources sécuritaires, a annoncé la destruction d’un dépôt de munitions dans la province de Khost en réponse à ce qu’elle qualifie d’« agression du régime taliban afghan ». Pour l’heure, aucune déclaration officielle conjointe n’a été publiée pour clarifier la situation.

La confrontation se joue aussi sur le terrain de la communication, avec une véritable guerre des chiffres. Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a affirmé lundi que 435 combattants talibans afghans avaient été tués depuis jeudi, tandis que Kaboul revendique la mort de 56 soldats pakistanais sur la même période. Ces bilans, massivement divergents, n’ont pu être vérifiés de manière indépendante et illustrent la profondeur du fossé entre les deux voisins.

Pendant que les armes parlent, la diplomatie tente de se frayer un chemin. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, s’est entretenu ce lundi avec l’ambassadeur de Chine à Islamabad. Si le communiqué officiel évoque la « stabilité régionale » sans mentionner explicitement l’Afghanistan, Pékin a confirmé être en contact avec les deux capitales pour encourager une désescalade. M. Dar a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du « dialogue » et de la « diplomatie ».

Ces violences s’inscrivent dans une spirale de représailles initiée fin février par des frappes aériennes pakistanaises contre des « cibles terroristes » en Afghanistan. Kaboul avait alors dénoncé des victimes civiles, ce qu’Islamabad dément, et avait lancé des « opérations de représailles » le long de la frontière. Les relations bilatérales n’ont cessé de se dégrader, le Pakistan accusant Kaboul d’abriter des groupes armés responsables d’attaques sur son sol, une allégation systématiquement rejetée par les autorités afghanes.

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