Au congrès constitutif de Taxawu Senegaal tenu hier, Khalifa Sall a officiellement transformé sa plateforme en parti politique et appelé à une opposition unie face au régime en place, dans un discours dont plusieurs passages relayés par Actusen ont déclenché des réactions dans la salle.
L’ancien maire de Dakar a présenté cette étape comme un « acte fondateur ». Devant des responsables politiques, des représentants de la société civile et des familles religieuses, il a affirmé que ce congrès n’était « ni un simple rassemblement partisan, ni une cérémonie de convenance ». Il a aussi fixé l’ambition de la nouvelle formation : « redonner à la politique sa noblesse, à l’État sa dignité, à la République sa rigueur et au Peuple sa souveraineté ».
Sous le thème « De la plateforme au parti politique : repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère », Khalifa Sall a défendu une ligne centrée sur la justice sociale, la souveraineté nationale et la solidarité. Revenant sur le parcours de son mouvement, il a déclaré que « Taxawu Senegaal est une famille qui est née dans la douleur, a grandi dans l’épreuve et vaincra dans l’éclat », avant d’ajouter que « l’heure de notre consécration approche ».
Le cœur de son intervention a porté sur la situation nationale. Khalifa Sall a jugé que « les promesses de justice sociale, de prospérité, de transparence tant vantées et théorisées tardent à se concrétiser ». Il a aussi lancé : « Les Sénégalais dans leur légendaire “soutoura” et leur dignité souffrent en silence », puis : « La jeunesse doute et reprend la voie périlleuse des océans. »
C’est sur l’emploi des jeunes qu’il a livré la formule la plus commentée. « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche », a-t-il dit. Dans la suite de son adresse, il a évoqué « reports successifs, controverses juridiques, crispations politiques, soupçons sur l’impartialité de certaines institutions » lors de la dernière présidentielle, avant d’appeler à « repenser le contrat social » autour d’un État « impartial dans son action, sobre dans son fonctionnement et exemplaire dans sa gouvernance ».
Khalifa Sall a en même temps insisté sur « l’indépendance de la Justice », le respect des libertés individuelles et collectives, une « séparationïfective des pouvoirs », une meilleure gouvernance des ressources naturelles et une décentralisation renforcée avec « des collectivités autonomes et responsables ». Sur le plan idéologique, il a revendiqué son ancrage en affirmant : « Nous sommes des Socialistes. Nous ne pouvons pas accepter un modèle où les inégalités se reproduisent de génération en génération. »
En clôture, le leader de Taxawu Senegaal a lancé un appel à l’unité de l’opposition. « Entre les promesses du nouveau régime et les attentes sociales, le Sénégal a besoin d’une opposition unie », a-t-il soutenu. Il a cité des leaders politiques socialistes comme Aïssata Tall Sall, Abdoulaye Wilane, ainsi que d’autres profils de l’opposition, dont Zahra Iyane Thiam.