TAS : après l’audience du 8 octobre, trois issues restent possibles pour Sénégal-Maroc

Le jeudi 8 octobre 2026, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a tenu à Lausanne une audience à huis clos sur le litige entre le Sénégal, la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Les arbitres doivent maintenant délibérer sur le recours sénégalais contre le forfait attribué aux Lions par la CAF.

Le différend porte sur une finale qui s’était achevée sur le terrain par une victoire du Sénégal, 1-0 après prolongation. En fin de match, après l’intervention de l’assistance vidéo qui avait conduit à accorder un penalty au Maroc, le sélectionneur Pape Thiaw avait brièvement appelé ses joueurs à quitter la pelouse pour protester. Ils étaient revenus, la rencontre avait repris, Brahim Diaz avait manqué le penalty et le match était allé à son terme. En prolongation, Pape Gueye avait inscrit le but sénégalais.

La Fédération sénégalaise de football conteste la décision du Jury d’appel de la CAF du 17 mars 2026, qui a déclaré le Sénégal perdant de la finale et accordé au Maroc une victoire administrative sur le score de 3-0. Xalima rapporte que trois arbitres sont chargés du dossier après l’audience réunissant les représentants des parties.

Le recours de la FSF demande l’annulation de la sanction et la reconnaissance du Sénégal comme vainqueur de la compétition. L’enjeu est donc de déterminer si le geste de protestation du sélectionneur et le départ temporaire des joueurs justifiaient un forfait, alors même que ceux-ci sont revenus et que l’arbitre a fait reprendre la rencontre. Ancien ministre des Sports et ex-membre de la Commission d’éthique de la FIFA, Abdoulaye Makhtar Diop avait estimé que la Fédération sénégalaise ne pouvait être tenue pour responsable, aucun de ses membres officiels n’ayant été impliqué dans les incidents. Cette distinction entre la conduite du sélectionneur et la responsabilité de la fédération est au cœur du débat sur les sanctions.

Une première issue serait l’annulation de la décision de la CAF. Les arbitres pourraient alors estimer que les règles invoquées pour prononcer le forfait ont été mal comprises ou appliquées. La reprise du match, après le retour des joueurs sur la pelouse, fait partie des éléments susceptibles d’être examinés. Une annulation ne signifierait toutefois pas nécessairement que le TAS attribuerait directement le trophée au Sénégal.

À l’inverse, le tribunal pourrait confirmer le forfait. Il faudrait alors qu’il considère que le départ temporaire des joueurs constituait une violation de l’article 82 du règlement de la CAN et que les sanctions prévues à l’article 84 s’appliquaient malgré la reprise de la rencontre. Le Maroc conserverait dans ce cas le bénéfice du score administratif de 3-0, en dépit du résultat obtenu au terme du match.

Le TAS, juridiction internationale basée en Suisse, tranche les litiges sportifs en appliquant le droit suisse et les règlements des fédérations. Il pourrait aussi annuler tout ou partie de la décision contestée sans régler lui-même toutes les conséquences administratives concernant le trophée. Cette possibilité dépendrait notamment de sa compétence et des demandes des parties. Rien ne permet toutefois d’affirmer que les arbitres privilégient cette voie.

Le dossier met ainsi en jeu l’autorité respective de l’arbitre et des instances disciplinaires. Après l’interruption provoquée par la contestation du penalty accordé au Maroc, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala avait permis la reprise du jeu et la rencontre était allée à son terme. Le TAS devra apprécier cette chronologie au regard des règlements applicables et décider si elle peut coexister avec le forfait prononcé ensuite par la CAF.

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