Le paysage politique syrien poursuit sa mutation après la fin de l’ère du parti Baas. Dans ce contexte de transition, les échanges s’accélèrent entre Damas et ses partenaires européens pour redéfinir leurs relations bilatérales et traiter les dossiers humanitaires urgents.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Chaibani, s’est entretenu jeudi avec une délégation de l’Union européenne. Cette mission diplomatique était conduite par Rosamaria Gili, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Service européen pour l’action extérieure.
Lors de cette rencontre, la partie européenne a signifié son appui aux initiatives de la nouvelle administration. Le ministère syrien des Affaires étrangères a précisé que le niveau de représentation diplomatique de la mission de l’UE à Damas pourrait être revu à la hausse prochainement. Des accords antérieurs sont également susceptibles d’être réactivés, marquant une étape vers la réintégration progressive de la Syrie sur la scène internationale.
Le dossier des réfugiés a constitué un axe central des discussions. Les deux délégations ont convenu de la nécessité d’organiser des retours sûrs, ordonnés et durables. Pour encadrer cette dynamique, la création d’un comité conjoint a été proposée. Cette instance aura pour mandat de superviser le processus et de garantir des conditions de rapatriement dignes.
Cette évolution intervient alors que la nouvelle administration transitoire, dirigée par Ahmed al-Charaa depuis janvier 2025 à la suite du départ de Bachar al-Assad vers la Russie fin 2024, anticipe le retour d’une majorité de Syriens de l’étranger d’ici deux ans.
Les échanges ont par ailleurs permis de passer en revue les actions récentes du gouvernement syrien, incluant les efforts d’unification du territoire, les processus d’intégration, l’activation des mécanismes de justice transitionnelle et la récupération des avoirs. Les discussions se sont achevées sur les perspectives de reconstruction du pays, avec l’éventualité d’une implication future des institutions financières et bancaires européennes.