Syrie et Irak : Washington déplace 5 700 détenus de l’EI pour prévenir une menace de sécurité bien précise

C’est une opération logistique d’envergure qui vient de s’achever dans le plus grand secret au Moyen-Orient. Face à une situation sécuritaire de plus en plus volatile, les forces américaines ont procédé au déplacement de milliers de prisonniers liés à l’État islamique (EI). Cette manœuvre, qui s’est étalée sur plusieurs semaines, vise à empêcher que ces combattants ne profitent de l’instabilité locale pour reprendre le maquis.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé la fin de cette mission complexe. Entre le 21 janvier et le 12 février, ce sont plus de 5 700 détenus adultes de sexe masculin qui ont été transférés des prisons du nord-est de la Syrie vers des installations en Irak. L’opération, qualifiée de « mission de transfert de 23 jours », s’est conclue par un vol de nuit, scellant le déplacement de ces individus auparavant sous la garde des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette décision a été motivée par une inquiétude grandissante concernant la sécurité des centres de détention. Les troupes syriennes ayant récemment repris du terrain face aux FDS dans le nord du pays, Washington craignait un scénario de « rupture » (breakout) où les prisonniers auraient pu s’échapper et reconstituer une menace active pour la région. Le transfert vers l’Irak est ainsi présenté comme une mesure préventive indispensable pour garantir que ces détenus restent sous bonne garde.

Le Centre national irakien pour la coopération judiciaire internationale a fourni un décompte précis des effectifs concernés. Parmi les 5 704 transférés, on recense 3 543 Syriens, 467 Irakiens et 710 ressortissants d’autres pays arabes. Le contingent comprend également plus de 980 étrangers venus d’Europe, d’Asie, d’Australie et des États-Unis. La justice irakienne a annoncé qu’elle procéderait aux interrogatoires nécessaires avant d’engager des poursuites légales.

Cette initiative intervient alors que la question du rapatriement des combattants étrangers reste un point de blocage diplomatique majeur. Si l’Irak appelle régulièrement les pays d’origine à reprendre leurs ressortissants, les retours se font au compte-gouttes. En parallèle, la situation dans les camps de familles, comme celui d’al-Hol en Syrie, demeure critique, les observateurs y décrivant un terrain fertile pour la résurgence de groupes armés.

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