La capitale suédoise a été le théâtre d’une importante mobilisation citoyenne ce samedi. Bravant le froid, des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place d’Odenplan, dans le centre de Stockholm, pour dénoncer les récentes mesures administratives prises par les autorités israéliennes concernant la Cisjordanie occupée.
Cette marche, organisée à l’appel de plusieurs organisations de la société civile, visait spécifiquement les nouveaux projets d’annexion de territoires palestiniens. Dimanche dernier, le gouvernement israélien a en effet approuvé une proposition marquant une première depuis 1967 : l’enregistrement de terres palestiniennes en Cisjordanie sous le statut de « propriété de l’État ». Selon les informations relayées par la chaîne israélienne Channel 7, cette procédure implique la réouverture de registres fonciers jusqu’ici gelés, l’annulation d’anciennes lois jordaniennes et la publication de documents restés confidentiels pendant des décennies.
Face à cette redéfinition foncière, le cortège s’est dirigé vers le Parlement suédois et le ministère des Affaires étrangères au rythme de slogans tels que « non à l’annexion de la Cisjordanie » et « stop au génocide ». C’est à cette occasion que les organisateurs ont dévoilé leur nouvelle stratégie d’action : le lancement d’une initiative intitulée « sanctions contre Israël ». Ce mécanisme s’accompagne d’une pétition destinée à faire pression sur le gouvernement et les parlementaires suédois pour qu’ils adoptent une position diplomatique plus ferme.
Sigyn Meder, une militante suédoise présente au rassemblement, a rappelé que des campagnes de mobilisation se tiennent de façon hebdomadaire. Décrivant la situation comme une « catastrophe humanitaire », elle a exhorté les autorités de son pays et la communauté internationale à mettre en place un plan d’action concret.
De son côté, Israël justifie régulièrement ses politiques sécuritaires et ses opérations militaires par la nécessité de répondre aux menaces posées par des groupes armés palestiniens. L’agence Anadolu, s’appuyant sur des sources palestiniennes, dresse un bilan détaillé depuis octobre 2023. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les opérations israéliennes ont entraîné la mort de plus de 1 115 Palestiniens, fait environ 11 500 blessés et conduit à près de 22 000 arrestations. À Gaza, les destructions touchent environ 90 % des infrastructures civiles, avec un bilan humain dépassant les 72 000 morts et 171 000 blessés, majoritairement des femmes et des enfants.