Les répercussions judiciaires entourant le réseau de Jeffrey Epstein continuent d’atteindre les plus hautes institutions étatiques. Au sein du Commonwealth, une initiative diplomatique inédite vient d’être lancée depuis l’Océanie pour modifier l’ordre d’accession au trône du Royaume-Uni, ciblant directement l’un de ses membres empêtrés dans des procédures légales.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé mardi que son gouvernement contactait officiellement les autres pays membres du Commonwealth. L’objectif de cette correspondance est d’acter un soutien formel au retrait de l’ancien prince Andrew Mountbatten-Windsor de la ligne de succession royale britannique.
Cette démarche intervient quelques jours après l’arrestation de l’homme de 66 ans, la semaine dernière. L’ancien membre de la famille royale a été détenu et interrogé dans le cadre d’une enquête portant sur des allégations de fautes dans l’exercice de fonctions publiques, consécutives aux révélations sur ses liens avec le défunt délinquant sexuel américain Jeffrey Epstein.
S’exprimant sur la chaîne publique ABC, Anthony Albanese a souligné que ses concitoyens étaient profondément heurtés par ces relations. Le dirigeant a écrit à son homologue britannique, Keir Starmer, pour lui signifier que l’Australie approuverait toute proposition d’exclusion. Une position immédiatement ralliée par la Nouvelle-Zélande. Le Premier ministre néo-zélandais, Christopher Luxon, a publiquement déclaré que son pays soutiendrait cette radiation une fois l’enquête clôturée.
Sur le plan institutionnel, la procédure obéit à des règles strictes. Toute modification de l’ordre de succession doit obligatoirement être initiée par le gouvernement du Royaume-Uni. Elle nécessite ensuite l’approbation unanime des 14 autres nations du Commonwealth dont le roi Charles III est le chef d’État.
À Londres, l’exécutif observe pour l’instant une réserve institutionnelle. Le porte-parole de Keir Starmer a indiqué lundi que le gouvernement n’écartait aucune mesure concernant l’ancien prince, actuellement huitième dans l’ordre de succession, mais qu’il attendrait les conclusions des investigations policières avant de se prononcer.
Privé de ses titres royaux l’année dernière lors de l’émergence des premières révélations, Andrew Mountbatten-Windsor a toujours nié toute implication répréhensible dans ses rapports avec Jeffrey Epstein, retrouvé mort en prison en 2019. Il n’a pour le moment formulé aucune réponse directe aux récentes accusations de fautes dans l’exercice de ses fonctions publiques.