C’est une image qui restera gravée comme un tournant dans les relations déjà tendues entre l’État hébreu et les institutions internationales. Mardi, dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, des bulldozers ont investi un site protégé par le droit international, accompagnés par des forces de sécurité et un membre influent du gouvernement israélien. L’opération, justifiée par une législation récente, ne s’est pas limitée à une simple saisie de terrain : elle matérialise une rupture diplomatique majeure que les responsables onusiens qualifient désormais de signal d’alarme pour le monde entier.
Les engins de chantier ont procédé à la démolition du quartier général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Cette opération s’est déroulée en présence d’Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, qui a qualifié cette destruction de « jour historique », marquant ainsi l’application d’une loi de 2024 interdisant les activités de l’agence onusienne sur le sol israélien.
Selon les éléments rapportés par notre source Al Jazeera, cette action a provoqué une levée de boucliers immédiate au sein de l’ONU. Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, a dénoncé une attaque sans précédent contre une agence des Nations Unies. Pour le diplomate, cet événement inaugure une « nouvelle ère barbare » où le droit international est ouvertement défié. Il a fermement rejeté les arguments de propriété avancés par le gouvernement israélien, rappelant que le terrain est loué à l’UNRWA par le gouvernement jordanien depuis 1952. Selon lui, cette saisie constitue une violation flagrante des accords internationaux.
Du côté palestinien, la lecture de cet événement dépasse le simple litige foncier. Mustafa Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, y voit une tentative d’effacer les droits politiques des réfugiés. Il estime que croire que la destruction de bâtiments anéantira le « droit au retour » relève d’une « stupidité absolue », rappelant au passage les événements de 1948.
Cette démolition intervient dans un contexte de pression accrue sur les organisations humanitaires. Outre l’UNRWA, Israël a récemment révoqué les licences d’exploitation de 37 groupes d’aide, dont Médecins Sans Frontières, compliquant davantage l’acheminement de l’aide vitale vers la bande de Gaza. Luisa Morgantini, ancienne vice-présidente du Parlement européen, a pointé du doigt la responsabilité des nations occidentales, qualifiant leur silence de complicité et appelant, à l’instar de M. Barghouti, à l’imposition de sanctions similaires à celles visant d’autres nations en conflit.